Pr Christian-François Roques, président du conseil scientifique de l’Association française pour la recherche thermale. 

Le thermalisme semble bien adapté à la prise en charge des maladies chroniques ? 

En effet, le thermalisme peut agir sur les deux des quatre grands facteurs qui impactent les maladies chroniques (alcool, tabac, sédentarité et alimentation transformée), grâce à ses effets sur le surpoids, le syndrome métabolique, en particulier pour les personnes diabétiques. Six études portant sur 1 300 curistes prouvent que la cure permet de faire perdre du poids – 3 ou 4 kilos – durablement (sur un an). Et un peu plus si le patient bénéficie d’un programme d’éducation thérapeutique. Ces études montrent aussi que la cure est un bon levier pour se remettre au sport. Le thermalisme est également très intéressant en matière de suite des cancers du sein. 

Les études montrent que le thermalisme fonctionne sur de nombreuses pathologies. 

Oui, nous avons désormais des études, pas autant que l’on voudrait, pas aussi bonnes qu’on le souhaiterait, mais beaucoup d’entre elles sont en faveur d’une action positive. 

Les stations thermales peuvent-elles apporter un élément de réponse au problème des déserts médicaux ?

Bien sûr, elles pourraient développer la prévention au bénéfice des populations locales. A ce titre, je trouve très intéressantes les « cures du soir ». La médecine thermale peut aussi accompagner le vieillissement, les troubles cognitifs. 

Est-ce une médecine sociale ?

Les curistes sont des personnes issues de catégories moyennes inférieures. La cure représente un effort financier conséquent. S’ils le font, c’est qu’ils sentent que cela leur fait du bien. Il est insupportable d’entendre dire qu’ils se paient des vacances aux frais de la Sécu, d’autant plus que, pour les actifs, la cure thermale doit être faite pendant les congés légaux.