La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie les dernières données disponibles sur le recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en France métropolitaine et dans les départements et les régions d’outre-mer. En France, le taux de recours à l’IVG suit une tendance à la hausse depuis le milieu des années 1990. 232 200 interruptions volontaires de grossesse en 2019, un taux de recours qui atteint son plus haut niveau depuis 30 ans



Le taux de recours à l’IVG poursuit sa hausse en 2019 
En 2019, la France enregistre 232 000 IVG, soit le nombre le plus élevé depuis les années 1990. Si ce sont les jeunes femmes de 20 à 29 ans qui sont les plus concernées par l’IVG, l’augmentation du taux de recours est notable chez les femmes trentenaires depuis les années 2010. La hausse est la plus marquée chez les 30-34 ans (+ 3,9 points entre 2010 et 2019). À l’inverse, sur la même période, le taux de recours diminue chez les femmes de moins de 20 ans : chez les 15-17 ans, il est passé de 10,5 pour 1000 jeunes filles en 2010 à 5,7 en 2019, chez les 18-19 ans, de 22,2 à 16,7 IVG. 

Les taux de recours varient du simple au triple selon les régions
Les disparités territoriales en matière de recours à l’IVG sont marquées : en métropole, les taux de recours les plus faibles sont enregistrés en Pays de la Loire (11,8 IVG pour 1 000 femmes), en Bretagne (12,3 IVG) et dans la région Grand-Est (12,9 IVG) tandis qu’ils atteignent 19,4 IVG pour 1 000 femmes en Corse et 22,9 en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Plus élevés dans les DROM, ils dépassent 39 pour 1 000 femmes en Guadeloupe et en Guyane.

Les femmes aux revenus les plus faibles ont plus souvent recours à l’IVG
La DREES a été en mesure d’analyser, pour la première fois, le recours à l’IVG selon la situation sociale. Les 10 % des femmes ayant les niveaux de vie les plus élevés ont un taux de recours à l’IVG pour 1000 femmes inférieur de 11 points à celui des 10 % des femmes ayant les niveaux de vie les plus faibles. Ces écarts ne s’expliquent pas uniquement par des différences d’âge ou de statut matrimonial de ces groupes de femmes, puisqu’à groupe d’âge et situation conjugale comparables, les femmes dont le niveau de vie est classé parmi les 10 % les moins élevés ont une probabilité de recourir à l’IVG dans l’année supérieure de 40 % à celle des femmes ayant un niveau de vie médian.