Après la remise d’un rapport sur le mauvais état de santé de la Protection maternelle et infantile, le gouvernement souhaite recentrer les missions de ces établissements de proximité, au service de la santé des enfants et l’accompagnement des parents.

La Pmi se trouve dans une « crise majeure », selon le rapport de la députée Lrem Michèle Peyron remis le 13 juin à Agnès Buzyn, ministre de la Santé. Elle a été « négligée par l’Etat et l’Assurance maladie », a vu ses moyens diminuer de 25% en 10 ans, et se consacre à beaucoup moins d’enfants que par le passé, relève le rapport. Par ailleurs, de fortes disparités existent entre les départements. La députée prévient : il faut réformer en profondeur cet acteur de prévention médical et social qui s’adresse aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 6 ans. Ou bien dans 10 ans, ce service de santé de proximité pourrait « sera en voie d’extinction »

Trop de missions

Créé en 1945, après la seconde guerre mondiale, la Pmi s’est d’abord attaquée à la mortalité infantile. Puis ses missions se sont élargies à la promotion de la santé de l’enfant, de la future et jeune mère, à l’aide de consultations médicales préventives et des visites à domicile pendant la grossesse. Ces dernières années, ces missions se sont même alourdies. Trop. Alors que les moyens consacrés aux un peu plus de 5 000 établissements ont baissé. Aujourd’hui, les infirmières puéricultrices, les sages-femmes et les médecins qui forment les troupes des Pmi ont également en charge la réalisation des bilans de santé en école maternelle, des actions de prévention et de prise en charge des mineurs en danger et aussi les missions d’agrément, de suivi et de contrôle des modes d’accueil individuel et collectif de la petite enfance (assistantes maternelles et établissements d’accueil). Cette dernière tâche étant devenue chronophage pour les équipes, allant jusqu’à mobiliser 30 à 40% du temps médical disponible.

Refonder la Pmi

Pour pallier ces difficultés et assurer la pérennité de ce service de proximité, gratuit et accessible à tous, Adrien Taquet, le secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance a annoncé des mesures lors d’un déplacement de la Pmi d’Argenteuil le 14 juin, s’appuyant sur le rapport de la députée. Il s’agit à la fois de « refonder » la Pmi, revoir les missions des personnels de Pmi et de recentrer celles-ci sur la santé de l’enfant et l’accompagnement des parents. L’objectif consiste aussi à « améliorer l’image » de ces établissements et donc son attractivité auprès des jeunes médecins. Car en 2020, les deux tiers des médecins de Pmi atteindront l’âge de la retraite.

Contractualisation avec l’Etat sur des objectifs de santé publique

Pour cela, l’Etat proposera d’aider financièrement les départements volontaires, via une « contractualisation ». Des objectifs chiffrés de santé publique seront ainsi fixés, puis des actions propres, adaptées aux besoins de chaque territoire seront définies. A l’échelle nationale, le gouvernement souhaite, en particulier, que 100% des bilans de santé en école pour les 3-4 ans soient réalisés à l’horizon 2022 par les personnels de PMI. Ou encore, il veut développer les consultations prénatales et postnatales effectuées par les sages-femmes de Pmi.   

Aller à la rencontre

Par ailleurs, Adrien Taquet a demandé une mission complémentaire d’analyse auprès de l’Igas afin de simplifier les procédures d’agrément et les transférer à d’autres acteurs, plutôt qu’à la Pmi. Autre manière de dégager du temps médical : le gouvernement souhaite modifier la répartition des tâches incombant aux médecins et aux infirmières puéricultrices. Ce temps gagné permettra aux professionnels de la Pmi d’aller à la rencontre des enfants et des parents à domicile et dans les lieux de vie des enfants.

Cette réforme passera dans le prochain budget de la sécurité sociale, discuté à l’automne prochain.