Accueil Mutami La santé trop souvent négligée par les publics précaires

La santé trop souvent négligée par les publics précaires

Dépistage des troubles visuels, devant le camion Mutami-UGRM. © Emmanuel Grimault
Dépistage des troubles visuels, devant le camion Mutami-UGRM. © Emmanuel Grimault

A Toulouse, la « Journée des oubliés de la santé » du Secours populaire, à laquelle Mutami participe régulièrement, est la porte d’accès à un parcours de soins pour les bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat.

« Il faut arrêter les ins­criptions, c’est com­plet », annonce une bénévole du Secours populaire français (SPF) en regardant la liste des personnes inscrites aux différentes consultations de dépistage propo­sées par l’antenne toulousaine aux bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (AME), dans le cadre de la « Journée des oubliés de la santé ».

Menacée de suppression dans le pro­jet de loi sur l’immigration, cette aide indispensable est réservée aux étran­gers en situation irrégulière sur le territoire national. En ce jeudi 10 avril au matin, les bénéficiaires attendent leur tour pour rencontrer les professionnels de leur choix. Axel, 30 ans, originaire du Cameroun, en France depuis un an et demi, a déjà terminé son parcours.

C’est une très bonne initiative qui donne une op­portunité gratuite d’avoir un bilan sur son état de santé

« Pour moi, c’était un check-up presque complet », résume le jeune homme en souriant. Il a fait le tour de presque tous les stands : radio des poumons, visite avec le dermato, dépistage du VIH, de la glycémie, contrôle des reins, de la tension, de la vue… « C’est une très bonne initiative qui donne une op­portunité gratuite d’avoir un bilan sur son état de santé », reconnaît-il. Et, si nécessaire, de repartir avec un rendez-vous avec des spécialistes.

Peur de tomber dans la pauvreté

Dans son bureau, Houria Tareb, se­crétaire générale du Secours popu­laire de la Haute-Garonne, se réjouit d’avoir deux nouveaux partenaires, parmi les dix historiques, dont Mu­tami et l’UGRM, qui l’accompagnent depuis le lancement de cette initia­tive. « Nous avons envoyé des SMS aux personnes inscrites chez nous pour les inciter à venir. La santé, pour les personnes dans le besoin, ce n’est pas prioritaire », regrette-t-elle. Chaque année, environ 40 000 béné­ficiaires passent dans ses locaux pour demander, le plus souvent, une aide financière ou alimentaire. Et Houria de citer un sondage réalisé récemment par l’Ipsos pour le SPF : « Aujourd’hui, 75 % des personnes interrogées ont peur de tomber dans la pauvreté. »

Une vingtaine de paires de lunettes par an

Kaddour Halfaoui, 65 ans, est arrivé d’Algérie avec sa femme et sa fille il y a une dizaine d’années. Il attend son tour devant le camion de contrôle de la vue Mutami-UGRM. Depuis quatre ans, il est de plus en plus gêné pour voir de près. Chaque année, dans le cadre de cette journée de solidarité, Mutami et l’UGRM offrent une vingtaine de paires de lunettes à des bénéficiaires de l’AME, « qui, s’ils devaient les payer eux-mêmes, ne seraient remboursés que de 15 cen­times, monture et verres compris », s’indigne Alexandre Capoulade, res­ponsable des relations extérieures et des partenariats chez Mutami.

« A l’issue de la visite, si nous consta­tons qu’une personne a besoin d’aller chez un ophtalmo, nous lui prenons un rendez-vous. Ensuite, elle revient nous voir avec l’ordonnance et nous lui proposons gratuitement une paire de lunettes », souligne Sophie Rolland, responsable de la filière op­tique de l’UGRM.

La prochaine « Journée des oubliés de la santé » aura lieu le 4 juin à Montauban, avec un stand Mutami et la possibilité d’un dépistage des troubles visuels par l’UGRM.