
Les élections municipales se dérouleront les 15 et 22 mars. Pour Solimut Mutuelle de France, très ancrée dans les territoires, l’enjeu est réel en matière de santé. Entretien avec Hélène Gaufichon, sa secrétaire générale.
Les élections municipales approchent à grands pas. L’échelle locale est-elle réellement importante s’agissant de santé ?
Hélène Gaufichon : Bien entendu. La santé, c’est politique. Malheureusement, les politiques publiques nationales n’apportent pas de réponse à la hauteur des besoins. La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 en est une nouvelle illustration. Dans ce contexte, où les inégalités sociales et territoriales ne cessent de se creuser, la présence locale est un véritable levier de solidarité. Les élections municipales représentent un moment démocratique fort. Les choix, à cette échelle, ont un impact concret. Et puis, être mutualiste, c’est œuvrer pour que chacune et chacun puisse accéder à une protection de qualité, quelle que soit sa situation. C’est donc refuser, par exemple, que cet accès dépende d’un code postal.

Quelles sont les actions menées dans les territoires ?
H. G. : Avec sa soixantaine d’agences ou points d’accueil, Solimut Mutuelle de France a fait le choix de l’ancrage territorial. C’est là, au plus près des réalités des adhérentes et des adhérents, qu’on entend jouer pleinement notre rôle d’acteur global de santé. On connaît, à présent, les problématiques liées au vieillissement de la population, de désertification médicale, de précarité et d’isolement. Tout cela peut aboutir à des cheminements d’exclusion et de renoncement aux soins.
Nous faisons vivre de nombreux partenariats locaux, culturels, sportifs, solidaires, que nous nouons pour faire vivre le territoire et agir pour le vivre ensemble au plus près des adhérents.
Grâce à nos comités d’action mutualiste, présidés par des militants et gérés en collaboration avec nos équipes salariées, nous agissons en fonction des besoins dans les territoires. Nous travaillons en étroite collaboration avec des associations autour, notamment, d’actions de prévention. Qu’il s’agisse de dépistages – optique, audio ou de certains cancers – ou d’ateliers dédiés aux déterminants de santé, comme la nutrition.
Nous faisons vivre de nombreux partenariats locaux, culturels, sportifs, solidaires, que nous nouons pour faire vivre le territoire et agir pour le vivre ensemble au plus près des adhérents. Je pense aussi que la société dans laquelle nous souhaitons vivre passe par les relations humaines. Nous voyons bien que tous les modèles d’ultra-numérisation rompent le lien.
Les mutuelles communales prennent de plus en plus d’ampleur. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?
H. G. : A l’origine, nous sommes contre la segmentation des populations, parce que notre rôle est bien d’apporter une réponse à la majorité, de manière intergénérationnelle et solidaire. Mais aujourd’hui, par l’ANI – Accord national interprofessionnel – et tout une série de dispositifs, cette segmentation existe. Sans emploi, travailleurs non salariés, retraités… plus de 2,5 millions de Français ne disposent pas de complémentaire santé. Une mutuelle communale permet de leur apporter une réponse. C’est, en ce sens, une manière de lutter contre le renoncement au soin. Solimut compte à ce jour 171 partenariats autour de contrats de communes.
Mais, plus largement, travailler avec les collectivités comme avec les acteurs locaux favorise les réponses co-construites et sur le long terme. Nous savons que les municipalités – qui jouent un rôle clé dans la vie quotidienne des administrés – y sont attachées. Cela permet de renforcer la cohésion sociale.




























