
Botox, acide hyaluronique, laser… Les injections illégales en médecine esthétique se banalisent boostées par les influenceurs sur les réseaux sociaux. Mais elles comportent des risques réels pour la santé. Pour la première fois en France, une personne est décédée à la suite d’une injection illégale.
Fin mars, une femme de 38 ans est morte à Villeurbanne (69) près de Lyon. Elle a fait un arrêt cardiaque après une injection illégale d’acide hyaluronique réalisée par une non-professionnelle de la médecine esthétique.
De plus en plus de signalements
La médecine esthétique est en plein essor. Et les charlatans qui proposent des actes illégaux aussi ! Les injections de botox et d’acide hyaluronique sont en tête du palmarès.
En France, environ 2 millions de patients ont déjà consulté un médecin pour des soins esthétiques, dont 1,2 d’entre eux pour des injections d’acide hyaluronique ou de botox, d’après le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom). Mais ce dernier recense aussi une augmentation des signalements d’exercice illégal de la médecine.
D’après l’Ordre des médecins, en 2024, 128 signalements ont été enregistrés, soit déjà un tous les trois jours. En 2025, on en a compté 213. Or, les risques sont réels quand on s’adresse à un non-professionnel de la médecine esthétique, comme des esthéticiennes, coiffeuses, manucures ou même des prothésistes oculaires.
Huit hospitalisations en réanimation ont eu lieu suite à des injections illégales en 2024.
Infection, déformation, nécrose…
Le Syndicat national des médecins et chirurgiens esthétiques (SNCPRE) alerte sur les risques et les séquelles irréversibles liés à l’injection elle-même comme des infections, des allergies, des réactions inflammatoires, des nécroses du visage, des déformations irréversibles et dans certains cas, le décès.
Mais aussi sur les produits injectés qui ne sont pas contrôlés. Ou encore des seringues qui sont réutilisées sur plusieurs patientes. Il y a aussi des acides hyaluroniques qui sont périmés ou contaminés par des bactéries, voire qui ne sont pas des acides hyaluroniques.
De plus, les complications peuvent intervenir « dix, vingt ou trente ans après », rappelle le SNCPRE. Ce dernier dénonce un « phénomène toujours hors de contrôle », avec des complications graves qui se multiplient, et ce, malgré des alertes émises depuis 2022.
Les bons réflexes
Tout acte de médecine esthétique soit être pratiqué par un professionnel comme :
- les chirurgiens plasticiens ;
- les dermatologues ;
- les médecins esthétiques qui détiennent un diplôme interuniversitaire de médecine esthétique (DIUME).
Les médecins généralistes doivent détenir un diplôme qui leur permet de réaliser de la chirurgie esthétique.
Sur les réseaux sociaux, la méfiance est de mise. Il faut vérifier si l’information est donnée par un vrai professionnel de santé.
Enfin, vous pouvez porter plainte ou contacter le Conseil de l’Ordre national, section santé publique. Ce dernier se chargera de transmettre la plainte au Procureur de la République.

























