Certains patients rencontrent des difficultés d’accès aux soins en raison de leur handicap, de leur genre ou encore de leur orientation sexuelle. Un phénomène contre lequel luttent les associations Gare ! et Handirail.  

L’inclusion est l’un des enjeux majeurs de notre société. Les luttes menées par les minorités pour faire valoir leurs droits ont permis de changer les regards et les mentalités. Mais des inégalités demeurent, notamment sur les questions de santé. De nombreuses associations luttent au quotidien pour faire bouger les choses.

Parmi elles : Handirail, une association de cheminots fondée pour que la réalité des personnes concernées par le handicap soit mieux prise en compte. Si Handirail est bien perçue par la SNCF et entendue sur les problématiques d’accessibilité, c’est en revanche un peu plus complexe dans le domaine de l’emploi. 

« Il y a un manque de postes à temps partiel thérapeutique, explique le président de l’association Jean-Jacques Mourot. Certaines personnes n’osent pas évoquer leur handicap et elles se fatiguent parce que leur poste n’est pas adapté. Nous recueillons beaucoup de témoignages d’agents en souffrance. » 

Diagnostics erronés 

Jean-Jacques Mourot rappelle également les conséquences que peuvent avoir certains handicaps sur la santé. Lui-même est une personne de petite taille en raison d’une maladie génétique. « Je n’ai pas seulement quelques centimètres en moins. Mon handicap entraîne aussi des problèmes de dos et de cervicales », précise-t-il.

Certains médecins manquent en outre de connaissance sur sa maladie et peuvent faire des diagnostics erronés. « Orienter les personnes vers des médecins qui sauront leur prescrire les soins nécessaires est un des enjeux de notre association », ajoute le président. Ce n’est pas tout : Handirail travaille également sur la question du coût lié à la prise en charge du handicap. Pour une personne malentendante par exemple, s’équiper d’une prothèse entraîne une grande consommation de piles particulières. 

Difficultés dans l’emploi 

Autre exemple avec Gare !, l’association des personnes LGTB (lesbiennes, gays, bisexuels, trans) de la SNCF, qui dénonce notamment des difficultés dans le domaine de l’emploi. « Nous avons été contactés par des personnes séropositives qui ont été bloquées dans leur avancement professionnel en raison des contraintes liées au traitement de leur maladie », rapporte Jérôme Bougerolles, secrétaire général de l’association. D’autres craignent que le fait d’être atteints du VIH soit un obstacle à leur recrutement.

Il relève aussi des cas où des dentistes refusent de soigner les séropositifs. Ou cite encore quelques exemples édifiants concernant des personnes trans. Ainsi, cette agressivité d’un médecin refusant de soigner un homme devenu femme et lui déclarant : « Moi je prends pas ça. » Ou bien cet homme trans, obligé de subir les questions intrusives d’un spécialiste : « Vous vous êtes fait enlever les seins ? Vous êtes opéré du sexe ? Votre état-civil est changé ? » Tant de situations qui illustrent combien, en matière de santé aussi, les comportements doivent évoluer. 

Jan-Cyril Salemi
Photo de gauche © Olivier Perrenoud – Photo de droite © Gare !