Il défraie la chronique depuis plusieurs mois… Nuisible pour la santé ? Indispensable pour les agriculteurs ? Le point sur le glyphosate.

C’est quoi ?

Le glyphosate est l’herbicide chimique le plus vendu sur la planète. Ses propriétés ont été brevetées par Monsanto (racheté en 2018 par le groupe allemand Bayer) dans les années 1970. Commercialisé sous le nom de Roundup, il connut un immense succès, en raison de sa facilité d’utilisation et son coût modique.
Ce produit est toxique pour toute plante qui n’a pas été modifiée génétiquement pour le tolérer. On l’emploie dans l’agriculture, les parc publics, les jardins et sur les voies ferrées.

Faut-il s’inquiéter ?

Un certain nombre d’études ont exprimé des craintes sur les dangers du glyphosate pour la santé et l’environnement. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) le classifie « cancérogène probable ». D’autres études démentent ces accusations. Mais certaines sont soupçonnées d’avoir été influencées par le puissant lobby Monsanto, au centre de deux récents scandales. En novembre 2018, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estime que le glyphosate n’est dangereux ni pour la santé humaine et animale, ni pour l’environnement.
Or il s’avère que son rapport est un copié-collé des informations fournies par Monsanto et la Glyphosate Task Force, groupe d’industriels qui commercialisent l’herbicide !
En mai dernier, le parquet de Paris ouvre une enquête sur des soupçons de fichage illégal, pour le compte de Monsanto, de centaines de personnalités
et médias, concernant leur position à propos du glyphosate.

Que dit la loi ?

Malgré la promesse d’Emmanuel Macron, les députés ont refusé d’inscrire l’interdiction du glyphosate dans la loi d’ici à trois ans, le temps de développer des solutions alternatives. Seule décision prise : depuis le 1er janvier, les particuliers ne peuvent plus se procurer, utiliser ou stocker de pesticides de synthèse, comme le glyphosate.

Et ailleurs ?

Cuba n’utilise pas le glyphosate. Le Vietnam, le Salvador, Malte et le Sri Lanka (pour certaines productions) l’ont interdit. L’Autriche l’a fait aussi tout récemment. Aux Etats-Unis, Monsanto a été condamné face à quatre malades
du cancer ayant utilisé le Roundup pendant de longues années.
Bayer doit aujourd’hui faire face à plus de 13 400 actions en justice outre-Atlantique.