La Dépakine, médicament prescrit contre l’épilepsie, a non seulement entraîné des malformations sur le fœtus mais aussi des troubles mentaux graves.

D’après une nouvelle étude de l’Agence nationale de sécurité du médicament et de la Caisse nationale de l’assurance-maladie[fn]L’étude a porté sur plus d’1,7 million d’enfants nés entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2014, dont
8 848 avaient été exposés à un seul traitement anti-épileptique (dont 991 à l’acide valproïque, autre nom du valproate) prescrit à leur mère. [/fn], la Dépakine (valproate) médicament prescrit contre l’épilepsie, pris pendant la grossesse, a non seulement causé des malformations congénitales mais aussi entraîné des troubles mentaux et du comportement sur des dizaines de milliers d’enfants.

Malformations congénitales et troubles mentaux

Les résultats de cette nouvelle enquête n’ont pas étonné les associations d’aide aux parents d’enfants touchés par la Dépakine et principalement l’Apesac qui œuvre depuis le début pour obtenir réparation dans ce nouveau scandale sanitaire.

Jusqu’à présent, on connaissait les chiffres des malformations congénitales graves provoquées par la Dépakine et ses dérivés (entre 2 150 et 4 100 enfants en auraient été victimes), mais on ne prenait pas en compte le nombre d’enfants atteints de troubles neuro-développementaux, autistiques, retards mentaux, difficultés ou retards de langage…) et dont les mères avaient pris l’anti-épileptique pendant la grossesse.

Cette nouvelle étude officielle apporte de l’eau au moulin des familles qui veulent comprendre et prouve ainsi que les enfants exposés au valproate pendant la grossesse ont quatre à cinq fois plus de risques que les autres d’être atteints de troubles neuro-développementaux précoces (avant l’âge de 6 ans). Ce risque augmente avec la dose : il apparaît jusqu’à 8 à 10 fois plus élevé parmi les enfants exposés aux doses les plus fortes.

En cinquante ans, de 16 600 à 30 400 enfants auraient développé des troubles mentaux et du comportement après avoir été exposés, in utero, au valproate. Des chiffres évidemment contestés par Sanofi qui commercialise le produit. Pour Me Charles Joseph-Oudin, avocat de l’Apesac, Sanofi est dans le déni de ses responsabilités.

Heureusement la législation avance

Depuis juin, le valproate est interdit pendant la grossesse et ne doit plus être prescrit aux filles, adolescentes et femmes en âge de procréer. On a également associé à cette contre-indication un nouveau pictogramme sur la boîte des médicaments, accompagné d’une mise en garde : « Valproate+grossesse=interdit, ne pas utiliser chez les femmes en âge de procréer et sans contraception efficace ou enceinte ».