Les enfants seraient « de tout petits contaminateurs et contaminants » de l’infection au Covid-19, d’après une étude menée par le Pr Robert Cohen, pédiatre, auprès de 605 enfants en Ile-de-France. Des résultats qui devraient permettre un retour moins compliqué à l’école.

Le Pr Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie, a révélé les résultats d’une enquête menée avec 26 autres pédiatres, auprès de 605 enfants en Ile-de-France, qui révèlent que ces derniers sont beaucoup moins contagieux que les adultes.

Les enfants ne sont pas les « super-contaminateurs » que l’on craignait

Cette enquête prouve que les enfants de moins de 15 ans seraient bien moins contagieux que les adultes. En Ile-de-France, la région la plus touchée par le coronavirus, à peine 0,6 % des enfants contaminés (sur les 605 testés) étaient contagieux. Dans neuf cas sur dix, ce sont les adultes qui ont contaminé les petits et pas l’inverse. 

Pourquoi ?

Le Pr Cohen explique que les enfants sont mieux protégés car ils sont « le récepteur » de plusieurs virus de type coronavirus (rhume par exemple), et qu’ils s’immunisent contre eux. C’est ce que l’on appelle l’immunité croisée. D’autre part, les enfants ont souvent plusieurs virus en même temps et leur système immunitaire a l’habitude de lutter contre. C’est ce que l’on appelle l’immunité entraînée qui joue un rôle important.

Les enfants ont un système immunitaire entraîné à résister aux virus.

D’autre part, il s’avère que les enfants possèdent moins de récepteurs du virus sur la muqueuse nasale et donc sont moins sensibles aux virus. Ils ont aussi, moins de force pour projeter les gouttelettes contaminées vers les adultes.

Accélérer le retour en classe

Le Pr Robert Cohen recommande le retour en classe, surtout pour les plus petits jusqu’à 12 ans. Ils peuvent même rendre visite à leurs grands-parents, car ils sont moins contaminants que leurs propres parents.

Les enfants doivent retrouver le chemin de l’école.

Pour le pédiatre, les nombreux gestes barrières mis en place – distance physique avec les autres enfants ou les adultes qui s’occupent d’eux à l’école… – , sont exagérés par rapport au risque. « Comment expliquer à l’enfant qui pleure qu’il ne peut être pris dans les bras de sa maîtresse, à cause des gestes barrières ? Ou encore comment dire que l’on ne peut aider un enfant à manger parce que que l’adulte ne peut s’approcher de lui à moins d’un mètre ? C’est inhumain, s’insurge le pédiatre.

Il faut que les enfants retrouvent le chemin de l’école, de la sociabilité, du jeu et de la communication avec les autres. Car les enfants aussi ont souffert du confinement.