
Une étude de l’Anses publiée mercredi 25 mars révèle que la population française est « surexposée » au cadmium. Ce métal lourd considéré comme cancérogène depuis 2012 s’est infiltré dans les produits les plus courants de notre alimentation. L’agence demande au gouvernement français d’agir en urgence.
Les céréales (riz, blé) et leurs dérivés (pains, viennoiseries, pâtes, biscuits), les pommes de terre sont les produits les plus contaminés au cadmium. « En raison de sa présence dans les sols agricoles où ils sont produits », explique Yann Le Bodo, chargé de projets à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Car ces sols contiennent des engrais phosphatés issus de roches contenant du cadmium.
Près de la moitié de la population française contaminée
D’après l’Anses, 47,6 % des adultes âgés de 18 à 60 ans dépassent la valeur toxicologique de référence dans les urines (soit 0,5 microgramme de cadmium par gramme de créatinine). L’alimentation est de loin la source majeure d’exposition. Elle représente jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse. « Si les niveaux d’expositions actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population. »
En effet, le cadmium provoque, en cas d’exposition prolongée, des atteintes rénales, osseuses, un risque augmenté d’ostéoporose, des effets néfastes sur la reproduction et des cancers broncho-pulmonaires. Dès 2021, Santé publique France alertait également sur le rôle du cadmium dans l’augmentation des cancers du pancréas.

Agir à la racine
Les apports élevés en cadmium dans les sols proviennent notamment de l’utilisation de matières fertilisantes, en particulier des engrais minéraux phosphatés. « En France, leur utilisation importante contribue à l’accumulation de ce métal dans le sol », avertit l’Anses. Il faut donc appliquer des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes. Ne pas dépasser un flux d’apport de 2 g de cadmium par hectare et par an.
Lorsque cela n’est pas possible, l’agence préconise la mise en œuvre de procédés de décadmiation.
Enfin, l’Anses suggère d’aller vers de « nouvelles pratiques agricoles ». Comme l’ajustement du type et des quantités des matières fertilisantes utilisées en fonction des sols et des cultures. Le recours à des techniques permettant de mobiliser le phosphore déjà présent dans les sols afin d’éviter de nouveaux apports. Ou encore l’utilisation de variétés végétales moins accumulatrices en cadmium.
En plus de l’alimentation, qui est la principale source de contamination, le tabac est considéré comme facteur aggravant. Il augmente la contamination au cadmium.
Conseils aux consommateurs
- Varier son alimentation
- Augmenter sa consommation de légumineuses (10 fois moins imprégnées par le cadmium que les céréales), comme les pois chiches, haricots blancs et rouges, lentilles à la place des aliments à base de blé comme les pâtes.
- Limiter les produits à base de blés sucrés et salés (céréales du petit déjeuner, gâteaux…). Consommer modérément les abats, les produits de la mer et le chocolat.
- Réduire l’exposition au tabagisme.
Pour plus d’information :
– L’étude de l’Anses,
– Le site : Manger bouger pour des conseils nutrition.

























