Vous venez de tenir deux assemblées générales pour la mutuelle en l’espace de quelques semaines. Quels en ont été les thèmes et pourquoi deux assemblées distinctes ?

Olivier Techec, président de Mutuelle Entrain : Du fait de la crise sanitaire, nous n’avons pas pu tenir notre AG prévue au mois de juin. Face à l’obligation de report, nous avons fait le choix de séquencer les temps de débat en deux moments distincts pour nous permettre de prendre les décisions sereinement et plus confortablement. En effet, tout le monde n’est pas encore bien à l’aise avec le système de visio­conférence. Nous avons tenu une première AG en visioconférence le 22 septembre pour valider les comptes de la mutuelle et faire évoluer nos textes statutaires. Et une seconde que nous avons placée le plus tard possible dans le calendrier afin de ­pouvoir la tenir en présentiel. D’une part parce que les rencontres entre délégués manquent et que, encore une fois, la visioconférence ne permet pas de débattre comme nous en avons l’habitude, et d’autre part parce que nous souhaitions offi­cialiser des conventions avec de nouveaux partenaires qui ne peuvent se faire qu’en présence physique. Finalement, par sagesse, au regard de la crise sanitaire, nous avons dû faire le choix de tenir cette seconde assemblée générale en visio malgré tout…

Comme il s’agit du numéro de fin d’année, pourrions-nous évoquer ce que fut 2020 pour Mutuelle Entrain lors de cette crise sanitaire ?

O. T. : Année inédite ! Avec le confinement, notre société a basculé en quelques jours du vivre ensemble au vivre connecté. Les problématiques sanitaires nous y obligent, mais les habitudes que cette situation ­engendre risquent de perdurer. Pour le pire et le meilleur. La mutuelle a bien réussi à déployer le télé­travail et à maintenir l’accueil des adhérents, tout en développant des solutions dématérialisées : par exemple, nous avons fait évoluer l’espace personnel adhérent sur notre site Internet afin que les mutualistes puissent y déposer des documents, gérer le suivi des remboursements ou trouver des professionnels de santé à proximité. La visio a aussi permis de réunir les bureaux, conseils d’administration ou assemblées générales et de prendre des décisions importantes pour le bon fonctionnement de la mutuelle.

Dans ce magazine, des articles font part des partenariats que vous menez avec des associations ou des structures du monde cheminot (Refuge du cheminot, Comité central du groupe public ferroviaire, Cpr…). C’est important de travailler avec toute la famille cheminote ?

O. T. : Mutuelle Entrain a su tisser des liens avec l’ensemble des composantes de l’écosystème cheminot qu’elle parvient même, aujourd’hui, à fédérer autour de projets. Car nous sommes désormais reconnus de toutes. Plus qu’une famille, c’est un environnement avec un réseau d’échanges, de dépendances que chacun d’entre nous cultive parce que nous sommes attachés à cette identité cheminote. Dernier exemple en date : suite aux intempéries dans les Alpes-Maritimes, nous avons choisi de faire savoir aux adhérents concernés que la mutuelle pouvait leur apporter une aide. L’Action sociale, avec qui nous avons des contacts réguliers, a souhaité que nous ajoutions ses coordonnées en précisant qu’une aide pouvait aussi arriver de son côté.

Longtemps, le principal dénominateur commun du monde cheminot était de bénéficier d’un régime spécial. Cela est toujours vrai, mais avec l’arrêt de l’embauche à statut, l’apport des associations et des mutuelles vient renforcer ce sentiment d’appartenance, de corporation. Il est donc naturel de contribuer à apporter une meilleure connaissance de cet environnement aux salariés du ferroviaire. 

La direction de la Sncf a fait part de sa volonté de développer une protection sociale unique pour les cheminots. Comment vous préparez-vous ?

O. T. : C’est effectivement la principale responsabilité du conseil d’administration que je préside : préparer la structure dont nous sommes responsables aux changements. Cette obligation morale, nous l’avons envers les salariés qui doivent se former aux évolutions des métiers, mais aussi envers les élus, et notamment les administrateurs, qui doivent répondre à des exigences en matière de compétences, et donc de formation.

Au final, c’est la mutuelle tout entière qu’il faut positionner convenablement dans ce paysage mouvant. Pour cela, Mutuelle Entrain peut s’appuyer sur une culture d’entreprise forte qui marie professionnalisme, militantisme et agilité. Pour résumer, si certains rencontrent des difficultés à sortir de leur zone de confort, ce n’est pas le cas de Mutuelle Entrain !