En juillet 2021, le congé de paternité passera de quatorze à vingt-huit jours, dont sept obligatoires. La mesure concerne également les familles homoparentales et s’adresse dans ce cas au second parent.

1. Une mesure attendue

C’est une mesure espérée depuis longtemps par les associations et recommandée par les professionnels de la petite enfance, dans le rapport des « 1 000 premiers jours de l’enfant », remis à Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et des Familles.
Le but ? Impliquer davantage les pères, dès les premiers mois de la vie du nouveau-né ; créer du lien ; rééquilibrer les tâches familiales ; éviter la charge mentale qui pèse sur les mères ; moins stigmatiser les femmes dans les entreprises quand elles prennent leur congé maternité.

2. Le cadre légal

Instauré en janvier 2002, le congé de paternité est pris actuellement par sept pères sur dix. Il est destiné au conjoint salarié de la mère de l’enfant « ou à la personne salariée liée à elle par un pacte civil de solidarité ou vivant maritalement avec
elle ». Pour l’instant, il est encore de quatorze jours (trois à la charge de l’employeur et onze à celle de la Sécurité sociale).
En juillet 2021, il passera à vingt-huit jours, avec une prise en charge inchangée pour l’employeur. La Sécurité sociale financera le reste du congé, jusqu’au salaire plafond (3 428 € par mois). Sept jours devront être obligatoirement pris par le père ou le second parent.

3 En pratique

Ce congé est un droit ouvert à tout salarié, quelles que soient l’ancienneté et la nature du contrat (cdi, cdd, temps partiel, intérimaire, saisonnier…). L’employeur ne peut pas le refuser, mais il doit en être informé au minimum un mois à l’avance. Il peut débuter immédiatement après les trois jours accordés par l’employeur, ou à un autre moment, mais impérativement dans les quatre mois qui suivent la naissance.

4. Et ailleurs ?

La France gagne quelques places dans le palmarès européen, devant le Portugal (vingt-cinq jours), la Belgique (dix) et l’Italie (sept).
Les tenants du titre restent l’Espagne avec quatre-vingt- quatre jours (cent douze en 2021), la Suède (soixante) et l’Irlande (cinquante-quatre).

« EFFETS POSITIFS »

Le rapport des « 1000 premiers jours de l’enfant » élaboré par une équipe d’experts dirigée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, recommandait d’allonger ce congé à neuf semaines fractionnables au nom des « effets positifs sur le développement de l’enfant ».