On ne le sait pas forcément, mais plus de 2 millions de Français sont concernés par la dénutrition. Un Collectif est lancé pour alerter les pouvoirs publics.

La France n’est pas un pays pauvre. Pourtant, plus de 2 millions de Français souffrent de dénutrition. Le Collectif de lutte contre la dénutrition est lancé par des professionnels de santé, des associations de patients, des personnalités politiques pour alerter les pouvoirs publics.

Dénutrition : qui est touché en France ?

Sur les 2 millions de dénutris, on compte des enfants, des adolescents, des adultes atteints de maladies chroniques et des seniors. Et plus précisément : 50 % des personnes âgées et 15 % des enfants hospitalisés, 40 % des malades d’Alzheimer et des personnes placées en institution. 5 à 25 % des décès des malades souffrant de cancer lui sont attribuables.

La dénutrition est une affection silencieuse, non douloureuse lourde de conséquences. Elle favorise le développement d’infections et de complications postopératoires, retarde la guérison, augmente la durée des hospitalisations, est responsable de chutes chez la personne âgée et peut conduire à la mort. Pourtant, en France, « nous disposons de tous les savoirs et de toutes les solutions pour vaincre la dénutrition, mais faute de moyens et de prise de conscience, nous ne le faisons pas », dénonce le Collectif.

Mais ce qui est intolérable, d’après le Collectif, est que ce chiffre est stable depuis plus de trente ans. Et si on ne fait rien, ce chiffre évoluera à la hausse car le nombre de personnes de plus de 60 ans s’accroît, avec pour conséquence une augmentation des pathologies chroniques.

Signer le manifeste de lutte contre la dénutrition, c’est s’engager pour :

  1. faire de la dénutrition la Grande Cause nationale du prochain quinquennat ;
  2. lancer un Plan de lutte contre la dénutrition 2018-2021 pour enrayer la progression de la maladie et faire face à ses conséquences médicales, sociales et économiques ;
  3. se fixer pour objectif Zéro personne âgée tuée par la dénutrition  ;
  4. nourrir correctement 100 % des patients malades ;
  5. peser 100 % des patients dénutris de l’hôpital jusqu’à leur domicile ;
  6. imposer la présence d’un médecin nutritionniste et de 10 diététiciens pour 600 lits d’hôpital ;
  7. doter les établissements de soins d’un référent dénutrition ;
  8. créer un Comité national de vigilance chez l’enfant, permettant un meilleur accompagnement vers la guérison ;
  9. former les futurs médecins, le personnel médical et soignant, les professionnels de santé ainsi que les malades, leurs proches et les aidants au risque nutritionnel ;
  10. prendre soin de chacun en valorisant le goût et le plaisir.