Le cancer du col de l’utérus a causé 1 117 décès en France en 2018 et 2 920 nouveaux cas ont été diagnostiqués, d’après les chiffres de Santé publique France. Et ce nombre ne baisse pas depuis 2005. En cause, une mauvaise couverture vaccinale anti-Hpv et un dépistage qui n’est pas assez efficace.

Aujourd’hui, seules 60 % des femmes de 25 à 65 ans se font dépister régulièrement et elles sont encore moins nombreuses après à partir de 50 ans. La couverture vaccinale contre le papillomavirus (Hpv) est très insuffisante en France. C’est une des plus faibles d’Europe. En 2018, elle est resté inférieure à 30 %. Alors que le Plan cancer 2014-2019 visait les 60 %. En Angleterre et au Danemark, 70 % des jeunes filles sont immunisées. Et les lésions précancéreuses, qui apparaissent environ dix ans après une transmission du papillomavirus, sont en net recul.

Manque d’information fiable

Pourquoi les Françaises sont-elles réticentes face à la vaccination contre le Hpv ? L’enquête du Baromètre santé de Santé publique France montre que les freins à cette vaccination sont liés à un défaut d’information sur du vaccin. Parmi la population interrogée (jeunes femmes de 15 à 25 ans et parents de filles de 11 à 19 ans), 15 % n’avait jamais entendu parler du vaccin Hpv. La moitié des jeunes femmes et trois parents sur cinq ne se sont pas vu proposer le vaccin par leur médecin.

D’où la nécessité d’informer sur ce sujet. Auprès des jeunes femmes, mais aussi des professionnels de santé, comme le font d’autres pays qui ont un accès simplifié à la vaccination comme les programmes de vaccination scolaire.

« La mise en place d’un programme organisé de vaccination en milieu scolaire, comme il en existe dans de nombreux pays comme l’Australie, le Canada ou la Suède, permettrait d’augmenter la couverture vaccinale », suggère Santé publique France.

En France, le vaccin contre les Hpv est recommandé pour toutes les filles entre 11 et 14 ans (avec rattrapage éventuel entre 15 et 19 ans), ainsi que pour les hommes de moins de 26 ans ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

D’autre part, la Haute Autorité de santé (Has) examine l’idée d’étendre la vaccination aux garçons. Car, outre le cancer du col de l’utérus, les Hpv peuvent également être à l’origine du cancer de l’anus et de cancers Orl.

Dépistage organisé

Le dépistage du cancer du col utérin s’inscrit dans le plan cancer 2014-2019, dont l’une des priorités est de faire reculer les inégalités face au cancer du col utérin et de réduire son incidence. Ce programme s’adresse à toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans inclus. Les femmes concernées qui n’ont pas réalisé de frottis cervico-utérin dans les 3 dernières années vont être invitées, par courrier, à se rendre chez un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme pour effectuer cet examen. Ce frottis sera pris en charge à 100 % par l’assurance-maladie, sans avance de frais, sur présentation du courrier d’invitation.