Accueil Autres mutuelles « Nous faisons face au pire budget d’austérité en matière de santé »

« Nous faisons face au pire budget d’austérité en matière de santé »

Les élus de la MCRN lors de l’assemblée générale de la mutuelle, le 16 octobre. © DR
Les élus de la MCRN lors de l’assemblée générale de la mutuelle, le 16 octobre. © DR

La MCRN a tenu son assemblée générale le 16 octobre. L’occasion pour Joël Vignaud, le président de la mutuelle, de revenir sur l’exercice 2025 et les perspectives du prochain, tous deux fortement impactés par le resserrement budgétaire du gouvernement.

Quel bilan tirez-vous de cette année 2025 ?

Joël Vignaud : La mutuelle a poursuivi son développement au même rythme que les deux années précédentes. Ce, alors que nous avons perdu environ 1 000 adhérents cheminots actifs en mai, suite au choix de la SNCF d’attribuer le marché de la santé et de la prévoyance à un nouveau groupement. Mais nous avions anticipé ce changement en développant, ces dix dernières années, les contrats à destination des communes. Si bien que cette baisse n’a pas mis en péril la MCRN et a même été compensée par l’enregistrement de plus de 3 200 nouvelles adhésions.

Cela a-t-il permis à la mutuelle de maintenir son équilibre financier ?

J. V. : Oui, nos résultats sont positifs cette année. Nous avons constaté que les remboursements ayant le plus augmenté en 2025 sont ceux liés aux consultations des médecins généralistes – en raison d’une hausse des rendez-vous et du prix de la consultation –, aux hospitalisations et aux médicaments. Nous avons néanmoins réussi à les compenser, tout en incorporant les transferts de charges prévus dans le précédent projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Le PLFSS 2026 contient de nouveaux transferts de charge. Comment la MCRN sera-t-elle impactée ?

J. V. : Notre budget 2026 n’a pas été facile à construire. En dix ans de présidence de la MCRN, je peux dire que ce PLFSS est l’un des plus graves que j’aie pu voir en termes d’austérité. L’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) y est fixé à 1,6 %, soit son niveau le plus faible depuis vingt ans. Comment peut-on espérer avoir une santé de haut niveau dans ces conditions ? C’est d’autant plus regrettable que l’on a fêté à l’automne les 80 ans de la Sécurité sociale, un anniversaire malheureusement éclipsé par la désolation politique qui a capté toute l’attention. 

L’assemblée générale a décidé une hausse de 6,5 % pour tous les contrats en 2026.

Quelles conséquences pour les adhérents ?

J. V. : L’assemblée générale a décidé une hausse de 6,5 % pour tous les contrats en 2026. Cette augmentation est rendue nécessaire par notre politique de mutualisation des contrats et par le manque d’information autour du PLFSS. Ce dernier inclut d’ailleurs une taxe supplémentaire de 2,25 % pour les mutuelles. Elle représente environ 300 000 euros qui ne reviendront pas à nos adhérents.

Quelles priorités vous êtes-vous fixé pour 2026 ?

J. V. : Nous allons viser les contrats d’entreprises, en plus de ceux des communes, et poursuivre notre politique de renouvellement du conseil d’administration entamée cette année par la mise en place d’un projet d’entreprise et d’un parcours d’intégration de l’administrateur. La nouvelle phase consistera à déterminer une stratégie des grands axes à horizon 2028, année qui marquera les 50 ans de la MCRN. A titre personnel, 2026 sera l’occasion de rendre mon mandat de président. Je pense qu’il est temps de passer le relais, et le cadre de renouvellement de la gouvernance s’y prête parfaitement ! 

Interview réalisée le 20 octobre, quelques semaines avant le vote définitif du PLFSS à l’Assemblée nationale, alors prévu le 12 novembre.