Accueil Mutuelle des Alpes du Sud « L’augmentation des cotisations n’est pas uniforme »

« L’augmentation des cotisations n’est pas uniforme »

Laurence Allix, directrice de la Mutuelle de France Alpes du Sud, et Rémy Charpy, son président. © Eric Franceschi
Laurence Allix, directrice de la Mutuelle de France Alpes du Sud, et Rémy Charpy, son président. © Eric Franceschi

Réforme du « reste à charge zéro », transferts de charges de la Sécurité sociale vers les complémentaires santé, taxes appliquées aux mutuelles… Laurence Allix, directrice de la Mutuelle de France Alpes du Sud, et Rémy Charpy, son président, nous expliquent comment ces mesures affectent les cotisations mutualistes.

Comment se porte la Mutuelle de France Alpes du Sud en ce début 2025 ?

Laurence Allix : La mutuelle va bien. Elle se développe et a une image très forte de proximité et de réactivité. Le léger déficit, dû principalement à l’instauration du « 100 % santé » par l’Etat, se redresse, et nous espérons être à l’équilibre en 2025.

Les cotisations ont été revues à la hausse au 1er janvier 2025. De combien et pourquoi ?

L. A. : Elles ont en effet augmenté de 5 à 8 % pour les contrats individuels. L’augmentation n’est pas uniforme car elle dépend du niveau et du poids des garanties souscrites.

Rémy Charpy : Cela fait trois ans que la mutuelle ne gagne pas d’argent. Elle est déficitaire, ce qui est le cas de toutes les mutuelles complémentaires. Nous sommes tous logés à la même enseigne et nous subissons les effets du « reste à charge zéro », de l’augmentation des prestations, des transferts de charges de la Sécurité sociale vers les mutuelles, des taxes, etc.

L. A. : Le rattrapage du déficit est inclus dans l’augmentation des cotisations, et il est de notoriété publique qu’il y a un déficit chez l’ensemble des opérateurs depuis l’instauration du « reste à charge zéro » par le gouvernement.

Les frais de gestion de la mutuelle ne sont-ils pas trop élevés ?

L. A. : Nos frais de gestion sont de 19 %, soit dans la fourchette basse de ce qui se fait (certains sont à 25 %). Et cela malgré le poids de notre réseau d’agences.

Les taxes imposées par le gouvernement représentent deux mois de cotisations par an pour les adhérents !

Rémy Charpy

R. C. : Les actions de pédagogie et de prévention envers les adhérents sont comptées en frais de gestion. Nos six agences, avec leurs dix agents en contact avec les mutualistes, ont également un poids significatif dans ces frais, mais nous l’assumons. C’est un point très fort pour notre mutuelle, les adhérents peuvent rencontrer un conseiller ou le contacter directement. Ce dernier réglera le problème aussitôt. Tout est géré sur place, la proximité est à tous les niveaux.

Faites-vous de la publicité ?

L. A. : Notre budget communication est très bas. Notre force, c’est notre réseau. On communique, oui, mais de façon très ciblée, et uniquement dans les Alpes du Sud. 

Le mouvement mutualiste évoque aussi des taxes indues…

R. C. : Ces taxes nous sont imposées par le gouvernement à hauteur de 14,1 % sur les contrats responsables (avec un parcours de santé) et de 21,1 % sur ceux dits « non responsables ». Elles représentent deux mois de cotisations par an pour les adhérents !

Que répondez-vous à ceux qui affirment que les mutuelles s’enrichissent et qu’elles ont un trésor de guerre ?

L. A. : Nous avons un peu plus de réserves que ce que l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) exige. C’est un signe de bonne gestion qui garantit la sécurité pour les adhérents. Ces provisions sont là pour payer les prestations en cas de défaillances de la mutuelle, nous n’avons pas le droit d’y toucher. La mutuelle n’a donc aucun trésor de guerre.