C’est l’outil sur lequel le gouvernement mise pour éviter une deuxième vague épidémique dans le pays. Contact Covid est un dispositif qui permet à l’Assurance maladie de remonter des chaînes de transmission en recensant les «cas contacts», c’est à dire les personnes qui auraient eu des relations avec une personne atteinte du Covid. Le gouvernement mise sur le civisme et à la responsabilité des Français pour s’inscrire et respecter ce dispositif de tracking.

La plateforme Contact Covid autorisée par un décret est en fonctionnement depuis le mercredi 20 mai. Cette base de données est utilisable seulement par les professionnels de santé : médecins, pharmaciens, salariés de l’Assurance maladie et Agences régionales de santé.

Je suis testé positif ?

«Contact Covid» se présente sous forme d’une base de données. Si vous êtes testé positif au Covid-19, en moins de 24 heures votre médecin ou les services de l’Assurance Maladie vous recontactent pour identifier, avec vous, l’ensemble de vos contacts rapprochés, votre famille d’abord, ceux qui vivent avec vous, mais aussi les personnes avec qui vous avez eu un contact régulier ou prolongé récemment par exemple lors d’un déjeuner ou dans le cadre de votre travail. Elles seront à leur tour appelées -si vous le souhaitez votre identité ne leur sera pas communiquée- par un médecin ou un opérateur de l’Assurance maladie. C’est absolument essentiel. Si vous êtes positif, vous avez pu contaminer sans le savoir des relations et celles ci doivent être localisées, prévenues, testées, soignées et isolées pour éviter de contaminer d’autres personnes. Si vous vivez avec d’autres personnes dans votre foyer, il est fort probable que votre famille soit aussi positif. Un test négatif impliquera quand même une mise en quatorzaine car la phase d’incubation de la maladie varie entre deux et 14 jours. On peut tout à fait être négatif un jour et développer plus tard la maladie.

Que doivent faire mes «Cas Contact» ?

Elles devront dans un premier temps s’isoler. Elles pourront le cas échéant se voir délivrer un arrêt de travail par l’assurance maladie, qui couvrira la durée de l’isolement. Elles feront invitées à faire un test 7 jours après le dernier contact avec vous, délai nécessaire pour avoir le plus de chance de détecter une éventuelle contamination. Elles peuvent être testées sans prescription médicale dans le centre de test le plus proche de chez elles. L’assurance maladie se charge de prendre rendez-vous avec le laboratoire. Elles devront bien sûr faire effectuer ce test immédiatement si elles développent des symptômes. Elles recevront un bon de l’Assurance maladie aller retirer des masques de type chirurgicaux en pharmacie, remis dans ce cas gratuitement.  

Repérer des foyers épidémiques

A un niveau plus global, les Agences régionales de santé repèrent et traitent les chaînes de contamination, gèrent les concentrations de cas positifs au sein d’une localité ou d’un groupe de personnes, c’est à dire un “cluster” foyer épidémique comme celui qui a été mis à jour dans un abattoir du Loiret.

Qui a accès à mes données ?

Les données sont enregistrées et conservées par les médecins généralistes, les enquêteurs sanitaires de l’assurance maladie et les Agences régionales de santé (ARS). Deux autres professions de santé ont aussi accès à ces informations : les laboratoires de biologie ou autres structures en charge de conduire les tests et les pharmaciens en charge de la délivrance des masques. Dans les deux cas, que ce soit pour les tests ou pour les masques, votre présence dans la base de donnée “Contact Covid” vaut prescription. Les enquêteurs de l’assurance maladie (des personnels médicaux et administratifs), chargés de démarcher les cas contacts, sont soumis au secret médical.

De son côté, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) estime le dispositif conforme au RGPD (règlement général sur la protection des données) mais assure qu’elle effectuera des contrôles réguliers.

Et l’application Stop Covid ?

Contact Covid dispositif destiné à briser les chaînes de contamination n’a rien à voir avec StopCovid, le projet d’application pour smartphone du gouvernement. StopCovid devrait fonctionner grâce au bluetooth et permettre, lorsque vous découvrez votre contamination, de prévenir automatiquement les autres utilisateurs que vous avez croisé récemment. Cette application fait débat notamment autour de la question de la sécurité des données de santé et des libertés publiques. Un vote au parlement sur sa mise en fonctionnement devrait intervenir au Parlement le 27 mai prochain.