Chaque mardi, de 14 heures à 17 heures, les bénévoles de l’Association départementale de défense des victimes de l’amiante (Addeva) 17 s’installent dans les locaux de la Mutuelle Solimut Centre Océan au 25, rue Le Corbusier, Zac de Belle-Aire Nord, à Aytré (Charente-Maritime). 

« Nous leur avons offert cet espace d’accueil afin qu’ils puissent remplir leur importante mission d’information auprès de tous les publics, adhérents ou non chez nous, précise Patrick Courcaud, vice-président Solimut Mutuelle Centre Océan et référent Prévention. Car même si l’amiante ne fait plus la une de l’actualité, le problème reste entier. »

Un rapport du Sénat rappelle qu’entre 1965 et 1995, plus de 35 000 personnes sont mortes, en France, d’une maladie liée l’amiante. Et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale a estimé que jusqu’à 100 000 décès pourraient être recensés d’ici à 2025. L’amiante reste encore très présent dans les isolations thermiques, canalisations, joints, etc., de nombreux bâtiments privés et publics (écoles, hôpitaux…) que nous fréquentons au quotidien. « Nous avons été sensibilisés très tôt à cette question, poursuit Patrick Courcaud, alertés par certains de nos adhérents, eux-mêmes victimes. »

Informer et soutenir

Créée en 2005 et animée par 5 bénévoles, l’Addeva 17 compte aujourd’hui quelque 90 adhérents qui ont travaillé dans divers milieux professionnels tels que les chantiers navals, la métallurgie, le bâtiment, l’artisanat… La première mission de l’Addeva 17 est de sensibiliser les personnes ayant été en contact avec l’amiante sur les risques qui menacent leur santé. « Nous intervenons aussi, et surtout, pour aider les personnes à faire reconnaître leur maladie professionnelle, explique Claude Fabien, président fondateur de la structure, ancien salarié des chantiers navals de La Rochelle-Pallice où ont travaillé nombre de victimes de l’amiante. Les gens viennent nous voir avec les résultats de leurs scanners, leurs radios, leurs avis médicaux, etc. Monter un dossier démontrant la cause professionnelle est complexe. »

L’Addeva 17 accompagne également celles et ceux qui souhaitent demander une réparation au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva) ou encore les victimes qui s’engagent sur le difficile terrain judiciaire. « Et comme, malheureusement, il y a beaucoup de décès, nous sommes aussi là pour aider les familles », ajoute Claude Fabien.

L’Addeva 17 a longtemps été accueillie dans la Maison des Syndicats, au coeur de La Rochelle. Mais le déménagement de celle-ci ayant été programmé pour l’an prochain, Claude Fabien a souhaité l’anticiper. Grâce à la Mutuelle Solimut Centre Océan, l’association a pu continuer à assurer l’accueil hebdomadaire des victimes qui, désormais, se fait sur rendez-vous afin d’accorder en toute confidentialité le temps nécessaire à chacun. « Nous sommes ravis de ce changement de lieu de réception, ajoute Claude Fabien. L’accès est facile et le cadre, pratique et agréable. »

Patrick Courcaud, qui a perdu son beau-frère en raison d’une maladie liée à l’amiante, évoque un partenariat qui pourrait prendre de l’envergure. « J’aimerais par exemple créer un guide qui présenterait les causes, les conséquences et les manières de réagir d’un point de vue médical ou juridique, explique-t-il. Bien des victimes de l’amiante ne se découvrent malades que vingt ans après avoir été en contact avec la fibre. Le combat est loin d’être fini. »

Olivier Van Caemerbeke

Contact : Addeva 17, BP 8006117443 Aytré Cedex.

Tél. 06 71 81 03 55.

Mail : addeva17@orange.fr