A l’occasion des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, qui se sont déroulées les 27 et 28 septembre, le président Macron a annoncé de nouvelles mesures dont le remboursement, par l’Assurance maladie, de séances chez le psychologue dès l’âge de 3 ans et à partir de 2022. On fait le point.

Le remboursement par l’Assurance maladie de séances chez le psychologue, annoncé par Emmanuel Macron, sera réalisé « dans le cadre d’un forfait de consultations qui pourra être renouvelé si la prescription médicale le propose », a-t-il précisé. Cette mesure était réclamée par les professionnels du secteur de la psychiatrie, déjà sinistré et éprouvé par la crise sanitaire.

Les mesures annoncées par le président

  • Emmanuel Macron a annoncé ce mardi la création de plusieurs centaines de postes dans les centres médicaux psychologiques (CMP) pour réduire les délais d’attente. Ces CMP permettent de donner un accès facilité aux soins psychiatriques pour les enfants, les adolescents, comme pour les adultes. Car aujourd’hui, les délais d’attente pour un rendez-vous sont souvent de plusieurs mois.
  • Le président de la République a également promis le remboursement par l’Assurance maladie de séances chez le psychologue, à partir de 3 ans. Il s’agirait d’un forfait de plusieurs séances, remboursées sur prescription d’un médecin, et à renouveler si besoin. Le montant de la première consultation sera fixé à 40 euros, puis à 30 euros pour les autres.

Des expérimentations locales avaient déjà été menées dans quatre départements : les Bouches-du-Rhône, la Haute-Garonne, les Landes et le Morbihan.

Avec la crise Covid, des aménagements avaient déjà été faits, notamment à destination des plus jeunes, comme le chèque psy ou le forfait psy. Cette fois, cette mesure serait à destination de tous les Français.

la Cour des comptes avait plaidé pour une généralisation, dès que possible, de la prise en charge par l’assurance maladie des psychothérapies faites par des psychologues et prescrites par le médecin traitant.

Rapport de la Cour des comptes.
  • Emmanuel Macron a également fixé l’objectif d’une maison des adolescents par département et d’une augmentation sur trois ans des efforts sur les politiques de prévention et de développement des accueils familiaux thérapeutiques.
  • Autre mesure : le ministre de la Santé a annoncé, au début de ces assises, la création d’un nouveau numéro national de prévention du suicide, qui entrera en fonctionnement vendredi 1er octobre. « Gratuit, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, depuis tout le territoire national, ce numéro permettra d’apporter une réponse immédiate aux personnes en détresse psychique et à risque suicidaire », a déclaré Olivier Véran. 

Au delà des mesures, les psychiatres souhaitent que ces assises contribuent à « changer le regard sur la santé mentale » et que le gouvernement soutienne ce secteur public « sinistré » en lançant un plan d’urgence.

La psychiatrie publique a été fragilisée ces dernières annéesDix ans que les rapports se succèdent avec le même constat : la psychiatrie est au bord de l’implosion.

Rachel Bocher, chef du service de psychiatrie du CHU de Nantes.

Pour preuve : la fermeture des lits ces dernières années et le sous-financement chronique qui empêchent d’absorber la hausse de 40 % des patients suivis en dix ans. 

Il est important de susciter des vocations auprès des étudiants en médecine. La pédopsychiatrie, par exemple, est en manque cruel de postes et la psychiatrie en général ne fait pas rêver.