Entretien avec Alain Geindreau, directeur général de Solimut Mutuelle de France. 

Les services de la mutuelle ont dû s’adapter vite à l’annonce du confinement par Emmanuel Macron. Comment cela s’est-il passé ?

Nous avons dû réagir très vite. Dès le 13 mars, avant même le discours de président de la République, tout le personnel qui était équipé de ma- tériel nomade a été mis en télétravail. Dans les huit jours qui ont suivi, nous avons acheté des ordi- nateurs portables pour que chacun puisse ainsi travailler à distance. Les sites concentrant des équipes importantes, comme Marseille, Nice, Lyon, Echirolles, se sont adap- tés pour continuer l’activité à dis- tance, chacun depuis chez soi. 

Les agences ont été obligées de fermer au public. Les salariés qui n’utilisaient pas les transports en commun ont continué à venir travailler dans ces agences, sans pouvoir recevoir d’adhérents, bien sûr. 

Cela n’a pas été facile de tout organiser en huit jours, mais nous y sommes arrivés. Les équipes ont su faire preuve d’une réelle réactivité et adaptation. 

Comment avez-vous gardé le lien avec vos adhérents ?

Le service de la relation aux adhérents a été placé lui aussi en télétravail. Mais il nous a fallu nous orga-niser pour pouvoir répondre aux courriers, mails et appels télépho- niques. Les appels sont transférés vers les salariés grâce à leurs ordi- nateurs, ce qui fait que nous n’avons pas perdu le contact avec eux et que nous avons pu répondre à toute les demandes. C’était l’un des points les plus importantsvers la téléconsultation avec la plate-forme d’Oxance. Pour d’autres questions liées à l’isolement no- tamment, nous les orientons alors vers des structures ou des associations de proximité. 

Ceci a été également rendu possible par le fait que les appels ont été moins nombreux au départ, ce qui nous a laissé le temps d’installer le nouveau fonction- nement et de prendre nos repères. 

Vous avez mis en place
un système d’appels solidaires pour les personnes les plus âgées et isolées… 
Les équipes de la direction relations aux adhérents ont en effet rappelé nos adhérents de plus de quatre- vingts ans qui, d’après les infor- mations qu’ils nous avaient don- nées, étaient seuls. Nous avons fait le choix de leur téléphoner pour prendre de leurs nouvelles et leur demander s’ils avaient besoin d’une aide que nous pourrions apporter ou que nous pourrions demander à des parte- naires. En cas de souci de santé, il nous est possible de les aiguiller vers la téléconsultation avec la plate-forme d’Oxance. Pour d’autres questions liées à l’isolement no- tamment, nous les orientons alors vers des structures ou des associations de proximité. 

Vu la réussite de ce service, nous avons fait le choix de l’étendre en- suite à un public plus vaste. 

Si vous avez découvert le télétravail en période de crise, cela pourrait-il se développer au sein de la mutuelle ? 

C’était une demande des salariés. La mutuelle avait engagé avec les partenaires sociaux une réflexion sur le télétravail et nous avions élabo- ré un premier pro- jet d’accord collectif sur le sujet. Nous devions commencer les tests au printemps. Cinquante personnes devaient être concernées… ça a finalement été presque tous les salariés !
Les outils et les modes de vie le permettent aujourd’hui. Donc oui, nous allons pouvoir le développer auprès des équipes qui le souhaitent dans les prochains mois. Sauf qu’il s’agira d’un télétravail volontaire et non contraint, et cela devrait chan- ger beaucoup de choses !
Nous pouvons dire maintenant que les deux points que nous visions ont été atteints : la mise en sécurité du personnel et la continuité de l’activité pour nos adhérents. Nous devrions pouvoir reprendre un fonctionnement plus serein à la fin de cette crise.