Alors qu’Olivier Véran a annoncé dimanche la tenue d’un «Ségur de la santé», les syndicats et organisations de soignants déclarent « ne plus faire confiance au gouvernement ». Ils appellent les Français à continuer à les soutenir. Ils se mobilisent chaque mardi localement et appellent à une grande journée d’action le 16 juin.

Dans une interview donnée le 17 mai dernier au Journal du dimanche, Olivier Véran a annoncé vouloir tenir, le 25 mai, un « Ségur de la santé ». Il promet des augmentations de salaire pour les personnels soignants, un plan d’investissement et la remise en question des 35  heures pour l’hôpital.

Réunies en conférence de presse lundi 18 mai, les organisations de soignants et leurs syndicats (1) se disent inquiets : « Olivier Véran ne parle pas de revaloriser les salaires de l’ensemble des salariés des hôpitaux, mais seulement des soignants », s’indigne Mireille Stivala, secrétaire générale de la fédération santé et de l’action sociale Cgt. Elle déplore, comme l’ensemble des représentants des organisations, la manière « insupportable de procéder en rendant public des annonces par voie de presse sans concertation avec les professionnels ». «Aucune de nos organisations n’a à ce jour été contactée », confirme Jacques Trévidic, président d’Action Praticiens Hôpital.

« Nous sommes dépités que ce gouvernement communique par média interposé alors que les négociations n’ont pas encore commencé. On ne peut trouver des solutions à des problèmes anciens, complexes, profonds en allant vite », affirme de son côté Léonard Corti, secrétaire général de l’Isni (Intersyndicale nationale des internes).

« Nous n’avons plus confiance dans ce gouvernement, explique Olivier Milleron, du Collectif inter-hôpitaux. Arrêtons les annonces, nous voulons du concret. Il faut des gestes pour les salaires médicaux et non médicaux, payer les heures supplémentaires, embaucher et en finir avec les fermetures de lits et les restructurations. »

«,Dans mon département, la Seine-Saint-Denis, le plus pauvre et celui qui a été le plus touché par la crise, le plan de restructuration se poursuit. On ferme l’hôpital Jean-Verdier, dénonce le responsable du Samu 93, Christophe Prudhomme. A l’AP-HP, nous avons besoin de lits de rééducation pour les patients qui ont été touchés par le Covid-19. 700 lits sont fermés faute de personnel. »

Localement, un peu partout, la mobilisation s’organise, comme au Chu de Nantes ou à l’hôpital Purpan de Toulouse. Là, le 11 mai, à l’appel des soignants, de nombreux usagers masqués et respectant la distanciation sociale sont venus manifester leur soutien à leur hôpital. Les organisations appellent à une journée d’action le 16 juin et invitent tous les Français à manifester leur solidarité.

  1. Les organisations Amuf, Aph, Cgt, Sud, Uunsa, Collectifs Inter-blocs, Inter-hôpitaux, Inter-urgences, le Printemps de la psychiatrie et la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité.

Hôpital de demain : et si vous donniez votre avis ?

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a lancé via la plateforme Make.org une grande consultation citoyenne sur le thème : « Comment améliorer l’hôpital de demain et sa place dans le système de santé ? » Avec cette consultation, le Cese souhaite associer l’ensemble des Françaises et Français aux recommandations qu’il fera aux pouvoirs publics dans son prochain avis sur la transformation de l’hôpital. N’hésitez pas à donner votre avis (jusqu’au 25 juin) sur https://about.make.org/notre-hopital-demain. L’avis sera présenté à l’automne en séance plénière au Cese.

Une pétition : Ensemble pour sauver l’hôpital public : déjà 750 000 Français l’ont signée. Pourquoi pas vous ?