
A la veille du deuxième tour des élections municipales du 22 mars 2026, les sujets d’accès aux soins et de santé publique devraient largement influencer le choix des citoyens.
70 % des Français considèrent la santé comme la priorité de leur futur maire, devant le sujet de la sécurité (68 %), selon une enquête réalisée par l’institut CSA pour France Assos Santé, publiée fin 2025. Et pour cause, près de 7 millions de personnes n’ont toujours pas de médecin traitant en France, rappelle l’étude menée par l’association représentant les usagers du système de santé. Et près de 87 % du territoire national est aujourd’hui classé en situation de fragilité médicale, selon les données officielles du ministère de la Santé.
Bonne connaissance du rôle de leur maire
Toujours selon l’étude de France Assos Santé, les citoyens semblent bien identifier le rôle que peuvent jouer leurs élus locaux. Ainsi, 85 % d’entre eux estiment que les maires ont d’abord la responsabilité de garantir l’hygiène, la sécurité sanitaire et la salubrité dans leur commune. Cette mission remonte en effet à loi du 15 février 1902 sur la protection de la santé publique. Les maires ont la responsabilité de veiller aux conditions sanitaires de leurs administrés. « Dans toute commune, le maire est tenu, afin (de) protéger la santé publique ».
Même si les politiques de santé publique relèvent majoritairement des décisions de l’Etat, la municipalité dispose toutefois de leviers pour agir dans le sens de l’accès aux soins pour tous. Au niveau local, les compétences en manière de santé reposent sur plusieurs acteurs, à l’instar des agences régionales de santé (ARS), des hôpitaux, de l’Assurance maladie, mais également des collectivités locales et des communes…
Quels leviers ?
Dans les faits, ces dernières disposent de plusieurs moyens d’action. Elles peuvent par exemple soutenir l’installation de professionnels de santé, participer à la création de centres de santé municipaux ou accompagner l’ouverture de maisons de santé pluriprofessionnelles. Le Code général des collectivités territoriales autorise ainsi les collectivités à accorder différentes aides, qui peuvent prendre la forme d’une mise à disposition de locaux, de primes d’installation, de participation aux frais d’équipement ou encore de soutien au fonctionnement de centres de santé.
Les municipalités peuvent également développer des opérations de prévention, comme des campagnes de vaccination gratuites, ou mener des actions d’éducation à la santé, notamment dans les écoles ou via les centres communaux d’action sociale (CCAS).
Santé environnementale
L’environnement, autre enjeu de santé publique, apparaît également au coeur des préoccupations des électeurs. Dans l’enquête de France Assos Santé, les Français jugent prioritaire pour les municipalités la protection de la qualité de l’eau (96 % d’avis favorables). Viennent ensuite une restauration collective plus saine et durable, ainsi que la protection des enfants contre l’exposition aux substances chimiques durant les 1 000 premiers jours de vie.
Dans ces domaines, les communes travaillent souvent en lien avec les agences régionales de santé. Les collectivités peuvent ainsi assurer par exemple l’entretien des réseaux d’eau potable, tandis que les ARS en contrôlent la qualité sanitaire et accompagnent les collectivités dans leurs actions. Dans les écoles ou les bâtiments publics, les communes doivent également prévenir certains risques sanitaires, comme la présence d’amiante, de radon ou encore de légionelles.

























