Cette plateforme a été lancée par le ministère de l’Intérieur en novembre dernier.

Le gouvernement avait mis en place, en novembre dernier, une plateforme de signalement des violences sexistes et sexuelles ouverte 7 jours/7 et 24h/24, avec l’objectif de “faciliter les démarches des victimes”, et de les inciter à concrétiser leur plainte.

Hébergé sur le site service-public.fr, le portail www.signalement-violences-sexuelles-sexistes.gouv.fr permet de dialoguer virtuellement avec un des trente-six policiers et gendarmes formés aux violences sexuelles et conjugales. L’objectif : être accompagné dans ses démarches. Si besoin, un rendez-vous dans un commissariat est planifié pour déposer une plainte. Dans l’hypothèse où la victime n’y serait pas prête, elle sera orientée vers une prise en charge sociale et/ou psychologique.
La plateforme s’adresse également aux témoins de telles violences. En cas d’urgence, un bouton de couleur permet aux victimes de se déconnecter à tout moment du tchat et d’effacer l’intégralité de la conversation.

UN ACCOMPAGNEMENT GRATUIT ET ANONYME

Ouverte aux femmes comme aux hommes, la plateforme est gratuite et disponible jour et nuit, tous les jours de la semaine, via un ordinateur, une tablette ou un smartphone. De plus, le tchat avec un policier ou un gendarme est confidentiel : la victime ou le témoin d’une violence sexiste ou sexuelle n’est pas tenu de décliner son identité. Pour la ministre de la Justice, le portail permet ainsi de “faire le premier pas sans être obligé de se confronter à un regard, à une démarche physique“.
En effet, l’anonymat est un enjeu essentiel pour les victimes de violences. Les sentiments de honte, de culpabilité et de peur sont des barrières importantes à la prise de parole. Le silence est bien souventpréféré. Sur la période 2009-2017, moins de 10 % des victimes de violences physiques et/ou sexuelles au sein d’un ménage ont porté plainte d’après l’Insee et l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. 125 personnes sont mortes en 2017, victimes de la violence de leur partenaire ou de leur ex-partenaire de vie (contre 138 en 2016 et 136 en 2015), dont 109 femmes et 16 hommes selon le ministère de l’Intérieur.

Selon les chiffres révélés le 8 mars, à l’occasion de la journée pour le droit de femmes, par le secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Intérieur, Laurent Nuñez, la plateforme a enregistré 2 000 prises de contact via l’outil de “chat”, et 480 signalements auprès des services territoriaux depuis son lancement il y a trois mois.

Cette plateforme permet aux victimes sous couvert d’anonymat de dialoguer par chat avec un agent de police ou un gendarme.