Violences sexuelles : seulement 3 % des victimes portent plainte

Seulement 3 % des victimes de violences sexuelles vont jusqu’au bout, alors que 57 % des victimes de vol de voiture ou de vol avec effraction au domicile saisissent les services de police ou de gendarmerie. © 123RF

En France, les violences sexuelles ont augmenté de 16 % en un an. Pourtant, seules 3 % des victimes portent plainte. Majoritairement des femmes, ce sont surtout de jeunes personnes, selon la dernière enquête de victimation du ministère de l’Intérieur.

Dans la dernière étude, « Vécu et ressenti en matière de sécurité », du ministère de l’Intérieur, il ressort que le nombre de victimes de violences sexuelles est en forte hausse entre 2022 et 2023. En 2023, 1 809 000 personnes en ont subi. Une augmentation de 16 % par rapport à 2022.

Peu de victimes portent plainte

Le chiffre qui interpelle le plus est sans doute celui du nombre de victimes qui ne portent pas plainte. Et celui-ci n’évolue pas depuis la dernière enquête. Sur les réponses de 200 000 personnes, la quasi-totalité dit ne pas porter plainte : seulement 3 % des victimes de violences sexuelles vont jusqu’au bout (alors que 57 % des victimes de vol de voiture ou de vol avec effraction au domicile saisissent les services de police ou de gendarmerie).

Dans le détail, 98 % des victimes de violences sexuelles non physiques (cyberharcèlement sexuel…) et 94 % des victimes de violences sexuelles physiques ne font pas cette démarche.

« Cela n’aurait servi à rien » (24 %) ou « Ce n’était pas assez grave (19 %) » ou encore : « Mon témoignage n’aurait pas été pris au sérieux » (12 %), sont parmi les réponses données pour ne pas porter plainte.

Violences sexuelles : les femmes en première ligne

On s’y attendait : ce sont les femmes (85 %) qui subissent le plus d’agressions sexuelles. Elles sont en première ligne aussi dans les violences conjugales. Et ce sont très largement les hommes qui commettent ces actes.

Selon l’enquête, les jeunes constituent la population la plus exposée aux violences, notamment les jeunes femmes et les personnes appartenant aux minorités sexuelles : 12,5 % des 18-24 ans se disent concernés, contre 0,3 % des 65-74 ans.

Les bisexuels ont 3,5 fois plus de chances que les personnes hétérosexuelles de déclarer un viol, une tentative de viol ou une agression sexuelle.

Dans l’agglomération parisienne, les victimes sont proportionnellement plus nombreuses que la moyenne nationale (4,8 %) tandis que les ruraux sont moins confrontés à ce type de violence (2,4 % des personnes vivant hors unité urbaine).

Élaboré en collaboration avec l’Insee, le rapport « Vécu et ressenti en matière de sécurité » dresse un état des lieux du sentiment d’insécurité et des faits de délinquance subis par les individus, que ceux-ci aient ou non déposé plainte, tant sur la période récente qu’au cours de leur vie.