Grand âge : les conséquences désastreuses de l’inaction de l’Etat

Selon l’Insee et la Drees, « le nombre de seniors en perte d’autonomie augmenterait jusqu’aux années 2050 pour approcher 2,8 millions ». Et 700 000 seniors supplémentaires vont alors devenir dépendants. © 123 RF
Selon l’Insee et la Drees, « le nombre de seniors en perte d’autonomie augmenterait jusqu’aux années 2050 pour approcher 2,8 millions ». Et 700 000 seniors supplémentaires vont alors devenir dépendants. © 123 RF

Face à l’explosion annoncée du nombre de seniors dépendants, plusieurs organisations dénoncent l’absence de politique gouvernementale sur le sujet. Malgré les promesses récurrentes, aucune réforme n’a été engagée sur le « grand âge ».

Déjà critique, la situation des aînés en France va encore s’aggraver. Selon l’Insee et la Drees, « le nombre de seniors en perte d’autonomie augmenterait jusqu’aux années 2050 pour approcher 2,8 millions ». Et 700 000 seniors supplémentaires vont alors devenir dépendants.

« Depuis 2007, tous les gouvernements ont promis une loi ambitieuse sur le grand âge. En vain. La loi de programmation inscrite dans la loi “Bien vieillir” pour 2024, n’a toujours pas vu le jour. Cette inaction a un coût : humain d’abord, économique ensuite. » Plusieurs organisations et fédérations, dont la Mutualité Française et l’Uniopss, l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux, se sont exprimés à travers un communiqué commun pour dénoncer l’inaction de l’Etat face à la crise du « grand âge ».

« Les vieux méritent mieux ! »

« Les vieux méritent mieux », s’insurgent-elles. Ensemble, elles appellent à une réforme ambitieuse alors que le nombre de personnes âgées de 75 à 84 ans devrait bondir de 48 % d’ici à 2030. « En 2050, 5 millions de personnes auront plus de 85 ans, contre 2 millions actuellement. »

Aujourd’hui, toutes font le constat d’un secteur en crise. « Qu’il s’agisse d’Ehpad, de services à domicile ou d’habitats intermédiaires, leur santé financière et RH est critique. Plus de 65 % des ESMS estiment qu’ils termineront l’année 2025 en déficit. » Par ailleurs, plus de la moitié de ces structures manquent de personnel. « Le turn-over est massif et le nombre d’arrêts de travail 142 % plus élevé dans le secteur de l’aide et du soin à la personne que dans la moyenne des autres secteurs. »

Mort sociale

Au-delà des chiffres, il y a également une réalité humaine et sociale qui s’aggrave. Les Petits Frères des pauvres alertent ainsi : « 750 000 personnes âgées sont aujourd’hui en situation de mort sociale », soit une hausse de 150 % en huit ans. Si rien n’est fait, « ce chiffre pourrait grimper à un million d’ici 2030 ».