La technologie pourra-t-elle un jour mettre fin au handicap, supprimer la souffrance, la maladie, voire la mort ? C’est toute la question du transhumanisme. Deviendra-t-il bientôt une réalité ?

Pacemaker, prothèses auditives… La technologie nous donne déjà la possibilité de vivre mieux et plus longtemps. Bientôt, elle permettra de régénérer un organe défaillant, de « réparer » une fonction, de compenser un handicap. Les partisans du transhumanisme [fn]Inventé par des futurologues américains dans les années 1960, repris par les géants de la high-tech (Google, Apple, Ibm), le transhumanisme est en train de gagner l’Europe.[/fn] vont plus loin. Ils imaginent un homme aux capacités « augmentées » qui pourra voir la nuit, porter des charges très lourdes, courir plus vite… Ils pensent même faire reculer les limites de la mort, voire la supprimer…

Une question éthique

La question transhumaniste ne concerne pas uniquement la technologie. Elle suscite aussi un débat de société. «La modification de l’être humain, « l’homme augmenté » pose un problème éthique. Jusqu’où peut-on aller dans la manipulation ? Un homme sans souffrance, sans la mort, est-il encore humain ? » se demande le philosophe Jean-Michel Besnier.

En France, Technoprog prêche un transhumanisme social au nom du principe de la solidarité nationale. L’objectif est d’améliorer la condition humaine, en allongeant la durée de vie en bonne santé.

Aux Etats-Unis, en revanche, existent des mouvements radicaux qui visent la transformation de l’homme en robot immortel et l’émergence d’une nouvelle espèce grâce à l’intelligence artifi cielle (IA). Pour Jean-Michel Besnier, aller dans cette direction serait « perdre le sens de l’humain ». Il propose de retrouver « les joies de la lenteur, de la simplicité et des bonheurs simples ».

Association française transhumaniste Technoprog : transhumanistes.com