L’arrivée du coronavirus a mis en évidence l’importance de notre système immunitaire. Comment fonctionne-t-il, pourquoi se dérègle-t-il ? Comment le protéger ?

COMMENT ÇA MARCHE ?

Imaginez : un microbe, une bactérie, un virus pénètrent dans l’organisme par le nez, la bouche, ou via le sperme, le sang… Aussitôt, les globules blancs (leucocytes) le détectent et le capturent. Les cellules immunitaires se mettent alors en ordre de bataille et sécrètent des cytokines pour éliminer l’intrus en l’absorbant ou en le digérant. C’est à ce moment-là que l’on ressent de la fièvre, des rougeurs… Signe que le système immunitaire (SI) est en marche vers la guérison.

COMBATTRE SES ENNEMIS

Le stress, le surpoids, l’obésité, le manque de sommeil, certains médicaments, l’hypertension, un diabète mal contrôlé, le tabagisme, et enfin l’âge peuvent fragiliser le SI. Il est important de surveiller ces facteurs aggravants. Mais il arrive que ce système pourtant bien huilé déraille de lui-même. C’est ce qui se passe pour les maladies auto-immunes (diabète de type 1, sclérose en plaques…). Dans ce cas, des cellules immunitaires s’attaquent aux cellules saines du corps qui deviennent, on ne sait pas encore pourquoi, des ennemis.

CONNAÎTRE SES AMIS

Pour garder un SI en pleine forme, surtout en hiver, quand les virus circulent, une bonne hygiène de vie est indispensable : pratiquer une activité physique régulière, arrêter le tabac et avoir une alimentation riche en fibres, vitamines A et C, oméga 3, zinc et sélénium. Plus l’alimentation est variée, plus elle enrichit le microbiote intestinal, qui suscite une forte réaction immunitaire. Pour cela, sont nécessaires, du poisson, de la viande ou des œufs plusieurs fois par semaine et, tous les jours, des produits laitiers, des fruits et légumes, des céréales complètes ou des légumineuses, et une cuillère à soupe d’huile. Bien plus utiles que les compléments alimentaires dont aucune étude scientifique n’a prouvé l’efficacité.

À NOTER

Les vaccinations stimulent le système immunitaire. Elles protègent contre certains virus, momentanément (grippe) ou pour toute la vie (rougeole).

COVID : QUAND LE SYSTÈME S’EMBALLE

Les médecins ont observé chez certains patients infectés par le Sars-CoV-2 une réaction immunitaire démesurée, qu’ils appellent «orage cytokinique» ou orage inflammatoire. Il intervient au 7e jour de la maladie et peut entraîner une détresse respiratoire aiguë, voire la mort. On ne sait pas encore expliquer ce phénomène, mais on arrive à mieux prendre en charge ces patients. Pour les formes légères ou les cas asymptomatiques, les patients sécrètent d’eux-mêmes des anticorps qui empêchent une molécule, appelée Spike dans le cas du coronavirus, d’entrer dans la cellule et de se multiplier. Après la guérison, les anticorps produits par l’organisme sont détectables via les tests de sérologie, mais on ignore encore précisément quand se produit la séroconversion (entre une et trois semaines). Combien de temps est-on immunisé ? On ne le sait pas. Certainement pas pour toute la vie comme la rougeole. Les spécialistes se basent sur les durées d’immunité observées pour d’autres coronavirus, c’est-à-dire entre trois et six mois. Si la pandémie dure plus longtemps, on ne pourrait donc pas exclure des cas de recontamination.

La recherche avance et une étude parue en septembre montre que des anomalies génétiques et du SI expliqueraient 15 % des formes graves de Covid-19. On pourrait alors réagir précocement, par exemple, en détectant ces sujets à risque par un simple dosage dans le sang.