Pour la première fois, il y a deux ans, des femmes osaient parler des violences gynécologiques qu’elles avaient subies. Elles évoquaient des traumatismes lors d’un accouchement, d’un avortement ou d’une consultation. Où en est-on aujourd’hui ?

De quoi parle-t-on ?

Les violences gynécologiques, ce sont des examens médicaux pratiqués sans prendre en compte la gêne ou la douleur de la patiente, exercés sans son consentement ou sans respecter son choix. Ce sont des comportements déplacés allant jusqu’à des injures ou des violences sexuelles. Le viol en fait partie. Ce sont des paroles humiliantes, des jugements sur la sexualité, la tenue, le poids, la volonté ou non d’avoir un enfant… Alerté par les associations féministes et sous la pression des réseaux sociaux, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a publié un rapport pour identifier ces violences, afin que patientes et professionnels soient au même niveau d’information.

Changer les choses

Devant la lame de fond qu’a suscité ce mouvement et face aux nombreux témoignages de femmes, la profession des gynécologues-obstétriciens, d’abord dans le déni, a fait son mea culpa. Elle s’est interrogée sur ses pratiques avec l’objectif de respecter la pudeur et l’intimité des femmes.
La formation de tous les personnels à la bientraitance, du standardiste jusqu’au médecin, est maintenant à l’ordre du jour, dans les cabinets et services. Le Collège national des gynécologues et des obstétriciens (Cngof) est en train de labelliser des maternités, qui seront jugées sur leur savoir-être et leurs bonnes pratiques. Le Collège espère que d’ici à un an, la moitié des femmes accoucheront en France
dans une maternité labellisée. 

Agir

De leur côté, les femmes ne doivent plus accepter des situations de pouvoir ou de domination de la part d’un soignant, qu’il soit homme ou femme. Elles peuvent demander des explications sur un examen, le refuser le cas échéant ; faire part de leur inconfort ou de leur douleur lors d’une consultation, d’un accouchement… La parole des femmes doit être prise en compte et respectée par les soignants.

Rappelons que certaines de ces violences sont pénalement répréhensibles, comme les violences sexuelles ainsi que « l’entrave à l’avortement », qui est un délit. En cas de gestes déplacés, d’insulte, d’un avortement mal pris en charge, d’humiliation, la patiente peut interpeller le soignant, voire faire un signalement à l’ordre des médecins. Des associations de patients et d’usagers existent pour venir en aide aux femmes, comme le Collectif interassociatif autour de la naissance (ciane.net) ou l’Institut de recherche et d’actions pour la santé des femmes (www.irasf.org).