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PFAS dans l’eau du robinet : une obligation légale et encore de nombreuses questions

Depuis le 1er janvier, un certain nombre de PFAS doivent être intégrés dans les contrôles de l’eau potable. © 123RF

Si, sous la pression de la société civile, la réglementation sur les PFAS commence à évoluer en France, les réponses politiques manquent et les communes restent largement livrées à elles-mêmes.

La question des PFAS a émergé aux Etats-Unis au début des années 2000, lorsqu’un éleveur a constaté une mortalité anormale de son cheptel. L’enquête mit au jour une pollution massive au PFOA (acide perfluorooctanoïque), l’un des principaux « polluants éternels ». En France, le débat public s’est emparé du sujet bien plus tardivement. Cette prise de conscience s’est faite « avant tout grâce à la société civile, aux associations comme Générations futures, mais aussi aux journalistes », rappelle Pauline Cervan, porte-parole de l’association et toxicologue.

Plusieurs investigations ont joué un rôle déterminant, en particulier celle du Monde avec la publication, début 2023, de la carte du Forever Pollution Project. Celle-ci recense près de 23 000 sites contaminés en France. « Ces données montrent que les PFAS peuvent être retrouvés loin des sites industriels qui les produisent, confirmant le caractère diffus de cette pollution. Toutefois, les zones les plus contaminées restent situées à proximité des sites de production. »

« Une avancée importante »

Après la société civile, l’Etat a finalement commencé à se saisir du sujet. En 2025, une loi a été votée qui interdit, à partir de 2026, les PFAS dans les cosmétiques, les vêtements, les chaussures et les farts pour skis. Le texte mentionne également l’instauration d’une redevance pour les industriels, fondée sur le principe « pollueur-payeur » qui permettrait de faire contribuer financièrement les industriels responsables. Pourtant, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le dispositif n’est toujours pas effectif.

La liste des PFAS contrôlés est extrêmement restreinte, alors que cette famille en compte plusieurs milliers. La meilleure solution à long terme demeure l’interdiction des produits polluants et leur substitution. 

Simon Porcher

Autre obligation de cette loi : depuis le 1er janvier, un certain nombre de PFAS doivent être intégrés dans les contrôles de l’eau potable. « Il s’agit d’une avancée importante, reconnaît Simon Porcher, professeur de management à l’université Paris-Dauphine-PSL. Mais la liste des PFAS contrôlés est extrêmement restreinte, alors que cette famille en compte plusieurs milliers. La meilleure solution à long terme demeure l’interdiction des produits polluants et leur substitution. »

Un seuil jugé insuffisant

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