Accueil Santé PFAS : ces substances qui polluent l’eau du robinet 

PFAS : ces substances qui polluent l’eau du robinet 

75 % des citoyens se disent désormais préoccupés par la présence de micropolluants dans l'eau du robinet, dont les PFAS. © 123RF
75 % des citoyens se disent désormais préoccupés par la présence de micropolluants dans l'eau du robinet, dont les PFAS. © 123RF

Surnommées les « polluants éternels », ces substances chimiques massivement produites par l’industrie sont aujourd’hui au cœur du débat public. Depuis le 1er janvier, leur surveillance dans l’eau est obligatoire.

Pendant des décennies, l’eau du robinet a coulé sans susciter d’inquiétudes. Elle faisait partie des évidences du quotidien. En 2020, 85 % des consommateurs déclaraient ainsi avoir confiance dans l’eau qu’ils buvaient, selon l’étude menée par Kantar avec le Centre d’information sur l’eau (CIEau). Cinq ans plus tard, d’après ce même baromètre, le chiffre a baissé de 7 points, à 78 %. C’est que, dans le même temps, une inquiétude a fait irruption dans le débat public : 75 % des citoyens se disent désormais préoccupés par la présence de micropolluants, dont les PFAS.

Derrière cet acronyme se cache une immense famille de molécules synthétiques, produites par l’homme, dont le dénominateur commun est une extrême persistance. « Elles résistent à la chaleur, à l’eau et aux graisses. C’est pour cela qu’on les retrouve dans les textiles, les vêtements étanches, les ustensiles de cuisine, l’électronique ou de nombreux procédés industriels », explique Pauline Cervan, toxicologue et porte-parole de l’association Générations futures. A cette liste il faut ajouter les cosmétiques, les dispositifs médicaux, les pesticides… 

Propriétés particulièrement recherchées

Ces propriétés spécifiques, si recherchées par les industriels, sont dues à leur composition chimique. Et plus particulièrement à la présence d’atomes de carbone et de fluor, qui forment une liaison fluorée, d’où leur nom de substances per- et polyfluoroalkylées. Les médias se sont référés à ces caractéristiques pour leur attribuer le surnom de « polluants éternels ».

Si l’on sait maintenant que l’eau potable est très largement contaminée, elle l’est souvent à des niveaux relativement faibles.

Pauline Cervan, toxicologue

Avantageuse pour l’industrie, cette grande « stabilité » des PFAS s’avère redoutable pour l’environnement. Ils se dégradent en effet très lentement, voire pas du tout pour certains, et s’accumulent donc dans les sols, dans l’eau… « Aujourd’hui, tous les milieux, les aliments et les êtres vivants contiennent des PFAS, déplore Pauline Cervan. Ils sont totalement diffus, transportés par le cycle de l’eau mais aussi par l’air. » Du Groenland au sommet de l’Himalaya, jusque dans le foie des ours polaires, la contamination est généralisée.

Utilisés depuis les années 1950

L’utilisation des PFAS remonte à plusieurs décennies. Les procédés industriels y ont massivement recours depuis les années 1950. « Mais on n’a pris conscience de leurs effets toxiques que très récemment, constate Pauline Cervan. Enfin, pour ce qui est du grand public… Parce que la communauté scientifique, elle, le savait depuis longtemps. Tout comme les industriels qui voyaient leurs salariés tomber malades, sans en informer les pouvoirs publics. »

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