En France, 83% des femmes de 50-54 ans sont ménopausées. Cette période de la vie est souvent difficile et entraîne de nombreux symptômes comme les bouffées de chaleur, l’irritabilité, l’insomnie, un risque accru de cancer et des problèmes cardio-vasculaires… Une enquête Mgen et la Fondation des femmes lèvent le voile sur un sujet de santé mal connu et dénoncent le tabou sociétal qui l’accompagne. 

« La ménopause est une étape normale de la vie de toutes les femmes, qu’elles vivent pourtant dans le silence du tabou qui l’accompagne. Il est impératif d’ouvrir la discussion pour changer de regard sur la ménopause, et au travers de cela sur l’âge des femmes et le sexisme qui l’entoure, pour faire un pas de plus vers l’égalité femmes-hommes » : Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes

L’enquête révèle qu’une femme ménopausée sur deux a peur de vieillir. D’autant que les Français partagent le sentiment que les femmes et les hommes sont traités différemment lorsqu’ils vieillissent (à 50 %). 

Comment vit-on la ménopause en France ?

Dans notre pays, 15 % des femmes ménopausées ou préménopausées déclarent mal vivre ce passage ; 44% en période de préménopause évoquent un impact négatif sur leur quotidien ; 41% d’entre elles ont déjà entendu des commentaires ironiques ou moqueurs. Mais, il s’agit aussi d’une libération car 59 % des femmes ménopausées y voient autant d’avantages que d’inconvénients, le premier bénéfice étant la fin des contraintes et des douleurs liées aux règles. 

Quels maux met-on derrière ce mot « ménopause » ?

Spontanément, les Français (65 %) définissent la ménopause par ses impacts (ne plus avoir de règles, ne plus avoir d’enfants), ses symptômes et ses inconvénients. Ainsi, 39 % l’évoquent comme une étape de la vie d’une femme. Pour les personnes concernées, la ménopause fait référence aux contraintes de santé : avoir des bouffées de chaleur (84 %), prendre du poids (63 %), être vieille (36 %), perdre sa libido (36 %), augmenter la probabilité d’avoir des problèmes de santé (34 %), se sentir déprimée (33 %) … 

Un sujet difficile à aborder

Selon l’enquête Mgen, 42 % des Français en parlent peu, 39 % pas du tout. Ce sont les femmes en préménopause qui en discutent le plus et qui cherchent le plus à s’informer (78 %). Quatre sur dix se déclarent inquiètes à cette période… Elles se tournent vers des personnes qui peuvent leur répondre sans jugement : les professionnels de santé (52 %), l’entourage (41 %) et prioritairement d’autres femmes concernées, puis Internet (15 %) et enfin la presse (14 %).

Parler de ménopause n’est pas si simple, ce qui est révélateur d’un tabou (que l’on définit par « ce sur quoi on fait silence, par crainte ou pudeur »). De fait, seule une femme en couple sur deux a évoqué ce sujet avec son ou sa conjoint(e). 

Plusieurs raisons expliquent cette difficulté :

– c’est un sujet pénible auquel on n’a pas envie de penser : 34 % (40 % pour les femmes, 29 % pour les hommes),

– tabou, dont il est délicat de parler : 29 % (31 % femmes, 27 % hommes),

– dont les symptômes ne sont pas facilement identifiables : 27 % (35 % femmes, 21 % hommes), 

– dont on ne sait pas à qui parler : 23 % (33 % femmes, 15 % hommes), 

– sur lequel on n’a pas assez d’information : 18 % (16 % femmes, 19 % hommes). 

Conjuguer ménopause et travail :

Alors que 40 % des Français pensent qu’elle devrait être prise en compte dans le cadre du travail – les hommes sont majoritaires à 47 % –, les femmes ménopausées ou en période de préménopause sont 60 % à être contre cette prise en considération. Elles craignent probablement le regard stigmatisant et la réaction négative de leur entourage professionnel. 

Côté santé

A l’exception de l’ostéoporose, les risques de santé pouvant être aggravés par la ménopause sont peu connus. Six Françaises sur dix concernées par la ménopause, et environ une femme de 50 ans et plus sur deux, ignorent les problèmes cardio-vasculaires, les cancers (seins, intestins…), les risques métaboliques (hypercholestérolémie, diabète…). Par ailleurs, 90 % des femmes ne suivent aucun traitement médical dans le cadre de leur ménopause.