Douleurs, courbatures, sensation d’être « dans le brouillard », fatigue chronique… la fibromyalgie, maladie mal connue, peut être très handicapante. La Journée du 12 mai qui lui est consacrée est l’occasion d’en parler.

« J’ai l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur », « Je suis tout le temps fatigué et j’ai mal partout »… et si c’était la fibromyalgie ? Cette maladie neuro-tendino-musculaire est due à un dysfonctionnement du système nerveux autonome. Elle touche principalement les femmes.

Qu’est-ce que la fibromyalgie ? Quels sont les symptômes ?

C’est une maladie caractérisée par un état chronique de douleurs neuropathiques, de jour comme de nuit : douleurs tendino-musculaires, troubles du sommeil, fatigabilité, épuisement, troubles de la concentration et de la mémorisation, troubles anxio-dépressifs. Elle peut engendrer un handicap réel.

Elle affecte de 3 % à 5 % de la population, soit 2 à 3 millions de personnes en France et 14 millions en Europe, dont 75 % de femmes.

Le malade a la sensation d’être tout le temps fatigué, il a des courbatures ou il se sent dans un état grippal permanent.

La fibromyalgie est classée « orpheline par extension » car il n’y a pas de traitement adapté, mais ce n’est pas une maladie rare.

A l’origine de la fibromyalgie, on pense certainement à une prédisposition génétique alliée à des facteurs défavorables : traumatiques, environnementaux, sociaux, physiologiques, humains. L’ensemble génère un état de stress non géré, le système neurologique débordé répond mal, et induit cette atteinte chronique.

 

Quelle prise en charge ?

La fibromyalgie est prise en charge par les rhumatologues mais aussi parfois par des neurologues. Les douleurs qui sont souvent permanentes peuvent être prises en charge au sein des centres anti-douleur.

D’un point de vue administratif, il est possible, sous certaines conditions, de demander auprès de la caisse d’assurance-maladie la prise en charge de la maladie en affection de longue durée (Ald).

La recherche avance. Différentes pistes sont à l’étude sur l’origine de cette affection : hormonale, endocrinienne, génétique… En tout cas, la fibromyalgie est une maladie bien réelle et non pas psychosomatique.

L’Irm fonctionnelle du cerveau permet d’étudier l’activité cérébrale dans les régions impliquées dans la douleur. Par rapport à des sujets témoins sains, il existe chez ces patients une anomalie dans l’interprétation que fait le cerveau du message douloureux, comme si ce dernier l’amplifiait de façon exagérée. Les dosages glutamate et protéine ASIC3 révèlent également ces dysfonctions mais ne constituent pas encore un marqueur fiable de la fibromyalgie.

A ce jour, aucun médicament existant n’est réellement adapté, mais les malades gardent espoir.