La semaine dernière, l’agence du médicament publiait les conclusions d’un rapport sur le Levothyrox, qui montrait que le passage à la nouvelle formule n’avait pas provoqué de « problèmes de santé graves ». La phrase de trop pour les associations de malades.

Scandalisés, incompris, les malades de la thyroïde s’indignent des conclusions du rapport, publié par l’Agence du médicament (Ansm). En effet, cette enquête qui a suivi deux millions de patients pendant six mois, montre que finalement « cette nouvelle formule n’a pas provoqué de problèmes de santé graves (décès, hospitalisations, arrêts de travail…).

Du flou dans l’étude

Le ministère de la Santé avait lancé, l’an dernier, une enquête visant à évaluer les effets secondaires, de la nouvelle formule du Lévothyrox. En effet, de nombreux malades s’étaient plaints de troubles graves qui allaient de maux de tête, de ventre…

Mais les conclusions de ce rapport ne satisfont pas les patients, qui trouvent que l’enquête a été « bâclée » et qui pointent des « imprécisions ». Le docteur Jacques Guillet de l’association française des malades de la Thyroïde (Afmt), parle de mépris de la parole des malades. Il déclare dans le journal Le Parisien : « Si l’étude ne met heureusement pas en évidence une hausse de décès avec la nouvelle formule, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de surmortalité chez les plus fragiles. On ne trouve que ce qu’on cherche ». De son côté, Annie Duperret, la comédienne, a déclaré sur France Inter « qu’elle ne comprenais pas le déni des autorités de Santé, car les souffrances des malades sont bien réelles ». Trois millions de patients, surtout des femmes, sont traités avec ce médicament. Depuis la nouvelle formule, l’enquête a noté 360 000 consultations supplémentaires, en particulier de généralistes et d’endocrinologues, concentrées sur la période d’août à octobre 2017. Elle remarque également un usage accru d’anti-dépresseurs et de médicaments contre l’anxiété.

Les associations de patients sont déterminés a faire entendre leur voix. D’autant qu’une autre étude scientifique franco-britannique, publiée en avril dernier, dans la revue Clinical Pharmacokinetics et relayée par le journal le Monde avait démontré que les effets secondaires indésirables liés au changement de formule étaient bien réels.