2 questions à Jean-Luc Magne (Chu de Grenoble), président de la Société de chirurgie vasculaire et endovasculaire de langue française (Scve).

 

On sait que le tabac est mauvais pour les poumons, c’est aussi le cas pour le système vasculaire ?

Oui. Et le grand public connaît mal ce danger. Comme le diabète et l’hypertension, le tabac est une cause importante du développement des maladies vasculaires mais, à la différence des deux premiers maux, il n’existe pas de médicaments anti-tabac. Celui-ci est responsable de pathologies lourdes, comme l’artériopathie obstructive des membres ou de l’anévrisme de l’aorte. La première, l’artérite, touche environ 800 000 personnes en France. Il s’agit d un épaississement de la paroi artérielle qui entraîne une diminution du calibre de l’artère.

La cigarette peut entraîner, à l’inverse, des lésions qui fragilisent les artères et les dilatent. C’est alors l’anévrisme de l’aorte que risque le fumeur. 8000 amputations ont lieu chaque année en France, 90 % sont d’origine vasculaire. Aujourd’hui les femmes, qui rattrapent les hommes pour leur consommation de cigarettes, sont également touchées.

Et lorsqu’on arrête de fumer ?

Les risques diminuent de manière extrêmement importante. Il faut expliquer aux patients que, s’ils acceptent d’être pris en charge, qu’ils arrêtent de fumer, qu’ils contrôlent leur hypertension, ils arrivent à guérir.