Une étude prouve que le cerveau joue un rôle important dans le développement du cancer de la prostate. Cette découverte étonnante ouvre la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques contre le cancer.

C’est une découverte majeure que vient de rendre publique une équipe du CEA-Inserm, dirigée par la chercheuse Claire Magnon. Publiés dans la revue Nature, ces travaux de recherche font le lien, pour la première fois, entre cerveau, développement du cancer de la prostate et dissémination en métastases. 

En 2013, la chercheuse avait déjà mis en évidence que l’infiltration de fibres nerveuses dans des tumeurs de la prostate était associée à la survenue et à la progression de ce cancer. Depuis, d’autres études ont permis de confirmer le rôle inattendu, mais néanmoins important, des fibres nerveuses dans le microenvironnement tumoral de nombreux cancers solides. Mais d’où vient ce réseau neuronal tumoral ?

Communication cerveau-tumeur cancéreuse

Claire Magnon et son équipe ont démontré que le cerveau envoie vers la tumeur des cellules nerveuses immatures via la circulation sanguine. Ces cellules vont ensuite s’y développer en neurones et favoriser ainsi l’aggravation de la maladie et la prolifération de métastases. La communication entre le cerveau et la tumeur a pour le moment été démontrée pour le cancer de la prostate. D’autres travaux sont en cours pour savoir si le fonctionnement est le même avec d’autres cancers. 


Bloquer le développement cancéreux

Cette découverte permet d’entrevoir de nouvelles pistes thérapeutiques pour lutter contre le développement du cancer. Il s’agirait d’empêcher la migration des cellules matures vers la tumeur, au niveau de la circulation sanguine et donc de bloquer son développement. Claire Magnon a déjà prouvé que cela fonctionnait chez les souris. 

Et des observations cliniques montrent que les patients atteints de cancer de la prostate qui utilisent des bêtabloquants à des fins cardiovasculaires présentent de meilleurs taux de survie. « Il serait intéressant de tester ces médicaments en tant qu’anticancéreux », estime la chercheuse dans un communiqué de l’Inserm. 

Alexandra Luthereau