Un avis de la Haute Autorité de Santé pourrait signer la fin du remboursement des traitements homéopathiques.

Le débat fait rage. Il y a les anti et les pros homéopathie, ce concept né à la fin du 18e siècle reposant sur l’idée qu’une substance qui provoque un symptôme peut être utilisée pour traiter le même symptôme de la maladie. En tout cas, 56 % des Français ont recours aux fameuses granules. Et il se pourrait qu’ils ne soient plus remboursés par la sécurité sociale dans le futur.

En 2018, une tribune contre l’homéopathie et les médecines alternatives est publiée dans le quotidien Le Figaro. Elle est signée par 124 médecins qui jugent que « l’homéopathie, comme les autres pratiques qualifiées de “ médecines alternatives ”, n’est en rien scientifique. Ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques ». Ils assènent que l’efficacité de cette pratique n’est pas prouvée scientifiquement.

Question du « service médical rendu »

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, saisit alors la Haute autorité de santé (Has) pour connaître son avis sur le bien-fondé et la pertinence à continuer ou non à rembourser l’homéopathie à hauteur de 30 % comme c’est le cas aujourd’hui. D’après les chiffres de la sécurité sociale, en 2017, le remboursement de l’homéopathie a représenté 129,6 millions d’euros sur un total de 19,9 milliards pour l’ensemble des médicaments remboursés.

Un avis de la haute autorité de santé (Has) était attendu le mercredi 15 mai. Tenu confidentiel au grand public, seulement connu des industriels concernés, il a cependant fuité dans la presse. Verdict ? L’HAS estime que le « service médical rendu » de l’homéopathie est insuffisant pour prétendre à un remboursement par la solidarité nationale.

Les laboratoires fabriquant ces granules et autres formes d’homéopathie, Boiron en tête, ont 45 jours pour faire part de leurs observations, avant d’être entendus. A l’issu de ce processus, l’Has rendra un avis définitif. La décision finale reviendra à la ministre de la Santé, mais elle avait déjà fait savoir qu’elle se rangerait du côté de l’avis de l’Has.  

Alexandra Luthereau