
La Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF) anticipe une augmentation moyenne de plus de 4 % des cotisations en 2026. Une progression que la fédération relie directement à la hausse continue des dépenses de santé, mais aussi aux décisions de l’Etat de taxer les mutuelles.
L’exercice est désormais attendu. Comme chaque année, la Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF) rend compte, « en toute transparence », des résultats de l’enquête menée auprès de ses membres sur la projection des cotisations. Mardi 16 décembre 2025, la fédération a ainsi dévoilé à l’occasion d’une présentation à la presse, les conclusions de son enquête annuelle sur l’évolution des cotisations des mutuelles santé pour 2026.
Facteurs structurels
La FNMF annonce ainsi une hausse moyenne de 4,3 % pour les contrats individuels et de 4,7 % pour les contrats collectifs. Une progression que la fédération relie directement à la hausse des dépenses de santé. Celle-ci augmente de façon continue depuis quinze ans. Vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques, innovations médicales de plus en plus coûteuses : les facteurs structurels s’additionnent.
Hausse inédite des dépenses de santé
Selon les chiffres de la FNMF, après une hausse moyenne de 1,8 % par an entre 2013 et 2020, la dynamique des dépenses de santé s’est nettement accélérée depuis la crise sanitaire, pour atteindre + 4,4 % par an depuis 2020, soit + 22 % en cinq ans. « Depuis cinq ans, on est sur une pente assez inédite, qui est devenue l’élément structurant de la prévision du risque et, in fine, de la tarification », observe Thomas Nérot, directeur adjoint à la direction du développement des assurances mutualistes. « Le premier moteur déterminant de nos activités complémentaires de santé, c’est la dépense de santé. »
Restes à charge pour les ALD
S’ajoute également l’impact croissant des affections de longue durée (ALD), souvent perçues à tort comme relevant quasi exclusivement de l’Assurance maladie obligatoire. « On a coutume de dire que les ALD, c’est l’affaire de la Sécurité sociale. En réalité, ce n’est pas vrai. Les ALD sont aussi l’affaire des organismes complémentaires », insiste Thomas Nérot. Ce dernier évoque ensuite les montants restant à payer par les personnes en ALD après les remboursements de la Sécurité sociale. Et qui reviennent donc à la charge des complémentaires santé.
Le gouvernement et les parlementaires vont sciemment faire payer les assurés. Sans l’assumer. En tentant de déplacer la responsabilité sur les complémentaires santé.
La Fédération nationale de la Mutualité Française
Ce reste à charge après intervention de l’Assurance maladie pour les personnes en ALD est 1,7 fois supérieur à celui des personnes qui n’en sont pas atteintes. Les dépenses de ticket modérateur et de forfait journalier hospitalier y sont près de deux fois plus élevées. « Une part conséquente des prestations des mutuelles se situe aussi dans le sillage de cet impact », souligne Thomas Nérot.
Taxes supplémentaires
Dans ce contexte déjà tendu, la Mutualité Française a aussi tenu à rappeler le problème grandissant des taxes que le gouvernement fait peser sur les mutuelles. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, justement adopté par le Parlement en ce mardi 16 décembre, vient encore alourdir les montants à la charge des complémentaires. Le texte prévoit en effet 400 millions d’euros de transferts sur le champ hospitalier, 600 millions sur les indemnités journalières, ainsi qu’une nouvelle taxe d’un milliard d’euros.
« La France devient une anomalie européenne »
Cette dernière portera la taxation des contrats de complémentaires santé à plus de 16 %. Un niveau inédit en Europe. « La France devient une anomalie européenne », dénonce la fédération, qui rappelle le fait que ce prélèvement sera mécaniquement supportée par les adhérents « en bout de chaîne ». « Le gouvernement et les parlementaires vont sciemment faire payer les assurés. Sans l’assumer. En tentant de déplacer la responsabilité sur les complémentaires santé », accuse la FNMF.
« Nous validons le fait que l’Assurance maladie a besoin de ressources supplémentaires pour être à l’équilibre, c’est indéniable. Cela fait des années que nous le disons. Mais ce n’est certainement pas par une TVA sur la santé à plus de 16 % qu’on va régler le problème », tranche Eric Chenut.


























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