
En 2024, 107 femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, soit une hausse de 11 % par rapport à 2023. Un état des lieux alarmant, qui s’explique notamment par l’insuffisance des moyens alloués, l’absence de politique publique coordonnée et un défaut d’éducation dès la petite enfance.
Lors du Grenelle des violences conjugales en 2019, l’ambition affichée par le président Emmanuel Macron était claire : faire définitivement cesser les violences faites aux femmes. Mais six ans plus tard et malgré 740,3 millions d’euros investis selon un rapport du Sénat, l’objectif semble bien lointain. En 2024, le nombre de féminicides conjugaux a augmenté de 11 % par rapport à l’année précédente : 107 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire (soit en moyenne un décès enregistré tous les trois jours), précise le ministère de l’Intérieur.
Comment expliquer de tels chiffres ? « Si toute cette dynamique du Grenelle et du mouvement #MeToo ont eu un impact très fort en France, il faut savoir que l’on partait de très loin, explique Mine Günbay, directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes. Oui, des dispositifs ont été déployés, mais les moyens dédiés sont encore largement insuffisants. En 2023, la Fondation des femmes estimait qu’il fallait entre 2,3 et 3,2 milliards d’euros par an pour lutter contre ces violences. » On est donc bien loin du compte.
L’hébergement d’urgence à la peine
Les statistiques le démontrent : l’écho médiatique et la prise de conscience collective qui ont suivi le mouvement #MeToo et le Grenelle ont conduit de plus en plus de femmes à solliciter l’aide des associations spécialisées et à porter plainte dans les commissariats. « En 2024, notre numéro national d’écoute, le 3919, a reçu plus de 100 000 appels », constate Mine Günbay.
« Les actions d’éducation à la vie affective et sexuelle dans les établissements scolaires, c’est vraiment la priorité numéro 1. »
Mine Günbay
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