Accueil Santé Santé mentale En 2005, un premier plan psychiatrie et santé mentale

En 2005, un premier plan psychiatrie et santé mentale

Philippe Pinel, médecin en chef de la Salpêtrière, ordonnant le retrait des chaînes des patientes, à Paris en 1795. © Getty Images

Longtemps marginalisée dans les politiques de santé publique, la santé mentale, grande cause nationale 2025, a dû attendre 2005 pour qu’un plan spécifique lui soit consacré.

Jusqu’au XVIIIe siècle, les troubles mentaux, loin d’être associés à des pathologies, étaient plutôt perçus comme des altérations de l’âme. Les personnes atteintes étaient souvent enfermées dans des conditions inhumaines, maintenues en marge de la société aux côtés des criminels. En France, c’est avec Philippe Pinel, médecin à l’hôpital Bicêtre, que l’idée d’un traitement plus humaniste et médicalisé de ces maladies émerge. Il révolutionne la prise en charge, notamment en supprimant les chaînes des « aliénés », les considérant comme des malades pouvant être soignés plutôt que comme des individus dangereux et incurables.

La loi du 30 juin 1838, dite « Loi des aliénés », marque un tournant, avec l’internement des malades dans des institutions spécialement prévues pour eux : les asiles départementaux. Ce texte, en vigueur jusqu’en 1990, pose les bases d’un cadre légal pour le traitement des patients, en régissant l’hospitalisation d’office et celle à la demande d’un tiers. En réalité, ces institutions sont surtout des lieux de détention. De nombreux patients y périssent par manque de nourriture et de soins.

Le virage de l’après-guerre

Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fondation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour que la notion de santé mentale soit finalement intégrée dans la définition de la santé, favorisant son intégration progressive dans les politiques publiques. Dans les années 1950-1960, l’arrivée des neuroleptiques permet d’envisager des traitements en ambulatoire. Parallèlement, la psychiatrie de secteur se développe, avec pour ambition de garantir une prise en charge de proximité accessible à tous.

Enjeu de santé publique

La loi du 27 juin 1990 remplace celle de 1838 et introduit plus de droits pour les patients hospitalisés sous contrainte. Le Plan psychiatrie et santé mentale (PPSM), en 2005, puis la loi de modernisation du système de santé, en 2016, renforcent les dispositifs d’accompagnement, de prévention et de déstigmatisation des troubles psychiques. Malgré ces avancées, la situation reste marquée par des approches médicales variées et des inégalités de prise en charge selon les territoires. Manque de moyens, pénurie de soignants, services saturés, recommandations de bonnes pratiques presque inexistantes, prévention insuffisante… la crise de la psychiatrie ne cesse de s’aggraver et les défis à relever sont de plus en plus nombreux.