
Elles promettent minceur, fertilité, prévention du cancer… Mais derrière ces annonces se cachent souvent des stratégies marketing bien huilées visant avant tout notre porte-monnaie. Chercheurs et experts appellent à une riposte éducative et critique, en particulier auprès des jeunes.
Utiliser des capteurs de glycémie destinés aux diabétiques fait perdre du poids, boire un jus de citron évite d’avoir un cancer, manger de l’ananas et des œufs aide à lutter contre l’infertilité… Toutes ces affirmations racoleuses sont aussi mensongères que répandues. Derrière leur apparente bienveillance, elles révèlent un phénomène particulièrement inquiétant : les fake news en santé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que la désinformation « est conçue ou diffusée en toute connaissance de cause (l’information a été manipulée), dans l’intention de tromper et de nuire ».
L’algorithme ne juge pas de la qualité, mais de la popularité. Il fonctionne à l’engagement : au nombre de vues, de clics, de temps passé. Et c’est là que la viralité s’emballe.
Divina Frau-Meigs
Au sein même des fake news, l’infox médicale présente quelques particularités. La sociologue des médias Divina Frau-Meigs a ainsi analysé son procédé : « Elle va à l’encontre même du principe de la preuve scientifique. Dans le processus classique de production de la vérité scientifique, on part de quelques études de cas, puis on mène des recherches, des essais cliniques, et enfin on généralise avec des études sur un grand nombre de personnes. A l’inverse, les infox médicales partent de quelques expérimentations, souvent pseudo-scientifiques, avec des ouvrages ou des articles “bidonnés” ou sortis de leur contexte. Puis s’ajoutent quelques témoignages pour donner une impression d’authenticité et de proximité. Et tout en haut de la pyramide se trouvent des sites qui imitent l’apparence de portails scientifiques ou de revues spécialisées. »
« Les influenceurs sont devenus les nouveaux hommes-sandwichs »
Une mécanique bien huilée donc, qui nécessite des moyens humains et financiers. « Derrière ces fausses informations, il y a très souvent une véritable industrie, confirme Priscille Rivière, directrice adjointe de la communication de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Avant, ces produits étaient vantés sur des panneaux publicitaires portés par des gens dans la rue. Aujourd’hui, ce qui fonctionne, c’est de rémunérer un influenceur avec une communauté bien ciblée pour promouvoir un produit derrière lequel se cache un vrai business. En définitive, les influenceurs sont devenus les nouveaux hommes-sandwichs. »
Face à cette désinformation, l’Inserm a contre-attaqué. Depuis 2018, l’organisme a souhaité « rendre la parole à la science » en lançant une série de vidéos et d’articles qui vérifient les infos circulant sur la santé. De l’avis de tous les spécialistes, le combat contre les fake news doit se faire par l’information. En gardant à l’esprit que la viralité n’est pas synonyme de fiabilité.
Car ceux qui cherchent à diffuser de fausses informations vont en effet se servir des algorithmes pour les propager le plus largement possible. « Plus un article est vu, partagé, commenté, plus il remonte dans les résultats et les suggestions, rappelle Divina Frau-Meigs. L’algorithme ne juge pas de la qualité, mais de la popularité. Il fonctionne à l’engagement : au nombre de vues, de clics, de temps passé. Et c’est là que la viralité s’emballe. »
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