Un nouveau médicament est à l’étude pour lutter contre le Covid-19. Il s’agit de la chlorpromazine, un antipsychotique, utilisé depuis longtemps contre la schizophrénie. Il fait l’objet d’un premier essai clinique en France chez des patients sous oxygène atteints du Covid-19.

Partant de la constatation que leurs patients psychotiques étaient peu frappés par la maladie, ou alors avec des formes non sévères, les psychiatres de l’hôpital St-Anne, ont eu l’idée de lancer un essai thérapeutique avec la chlorpromazine, un antipsychotique connu depuis longtemps comme ayant des effets antivirales.

Les propriétés antivirales de la chlorpromazine

A l’hôpital psychiatrique St-Anne à Paris, on a remarqué que 19% du personnel médico-soignant a contracté le Covid-19, alors que seuls 3% des patients hospitalisés sous traitement, ont été dépistés positifs. Pourtant, certains facteurs (surpoids, troubles cardio-vasculaires) placent ces derniers parmi les sujets à risque. D’où l’idée de tester la chlorpromazine, un antipsychotique déjà connu pour ses propriétés antivirales.

Seuls 3% des patients psychotiques ont été touchés par le covid-19 à l’hôpital St-ANNE

« On connaissait les propriétés antivirales in vitro de la chlorpromazine sur les précédents coronavirus, le Sars-Cov-1 et le Merd-CoV, explique la psychiatre Marion Plaze, cheffe de service à l’hôpital St-Anne, en charge de l’essai. On a sollicité l’Institut Pasteur, l’équipe d’Etienne Simon-Loriere, qui a confirmé en laboratoire sur des cellules humaines l’activité antivirale sur le coronavirus actuel ». 

L’étude est baptisée reCoVery et concerne 40 patients Covid-19 hospitalisés, non psychiatriques, dont la moitié recevra la chlorpromazine et le traitement standard (oxygène, hydratation, anticoagulants si nécessaire…) et l’autre juste le traitement standard.

la chlorpromazine est un antipsychotique connu depuis les années 1950

L’objectif est de voir si la chlorpromazine, également utilisé en anesthésie, accélère la guérison et diminue les aggravations. Les patients feront l’objet d’une surveillance sur le plan cardiaque, afin de prévenir tout risque de troubles à ce niveau. Mais, on sait déjà que cette molécule bien connue, développée dans les années 1950, n’entraîne pas de dépendance, ni d’altération de la respiration.

Les résultats sont attendus dans un mois. D’autres psychotropes seront explorés.