
Les températures atteignent des records en ce mois de mai. Pour les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques, ces épisodes sont particulièrement éprouvants.
Les pics de chaleur élevés peuvent avoir un impact négatif sur les pathologies respiratoires. Comme l’asthme, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) qui touchent près de 7 millions et demi de personnes. Soit plus de 10 % de la population. Les malades souffrant d’une maladie plus rare et méconnue, la fibrose pulmonaire, sont également très sensibles aux fortes températures.
Chaleur, pollution, allergies : un cocktail explosif
« Lorsqu’il fait très chaud, le corps doit fournir davantage d’efforts pour réguler sa température. Ce qui augmente la fréquence respiratoire (hyperventilation). Pour les personnes souffrant de pathologies respiratoires, l’effort est plus difficile. Cela peut déstabiliser une situation déjà précaire », explique le professeur Bruno Crestani, pneumologue à l’hôpital Bichat à Paris et président de la Fondation du souffle.
Or, ces fortes chaleurs sont souvent accompagnées d’un pic de pollution à l’ozone. Un gaz particulièrement oxydant qui peut altérer les cellules au niveau du nez, des voies respiratoires, des bronches. Il peut déclencher des crises d’asthme, de la toux et de l’irritation. Si l’on rajoute les allergies saisonnières, les adénovirus qui provoquent des rhumes, le cocktail est explosif.
Les personnes souffrant d’asthme ou de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont particulièrement vulnérables. Même des individus en bonne santé peuvent ressentir une fatigue respiratoire, une irritation des voies aériennes ou un essoufflement inhabituel.
Se protéger
Il est préférable de sortir tôt le matin ou tard le soir. Sinon de rester à l’intérieur « si possible dans une pièce climatisée », ajoute le docteur Bruno Crestani. Et de vérifier si la ventilation est correctement entretenue.
L’hydratation est très importante car si les muqueuses se dessèchent, cela peut provoquer des crises d’asthme… Les malades doivent continuer à prendre leur traitement, le garder à portée de main et voir avec leur médecin s’il peut être adapté à la situation.
Le pneumologue rappelle qu’il faut surtout éviter de faire de l’exercice physique pendant ces pics de chaleur et de pollution. Enfin, au moindre signe suspect comme des difficultés à respirer, une respiration sifflante, une toux, une fatigue inhabituelle… il ne faut pas hésiter à consulter son médecin ou appeler le 15.

























