
En France, 3,4 % de la population ne dispose d’aucune complémentaire santé, selon une étude de la Drees publiée en avril 2026. Ce chiffre illustre l’existence de profondes inégalités sociales dans notre système de santé.
3,4 % de la population en France n’a pas de complémentaire santé. Issu d’une étude publiée en avril 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), et basée sur des données récoltées en 2023, ce chiffre résulte de profondes inégalités sociales qui gangrènent notre système de santé. Notre modèle social repose sur une articulation entre assurance maladie obligatoire (AMO) et complémentaire santé. Comme le rappelle le service statistique ministériel, « l’AMO prend en charge l’essentiel des dépenses de santé, selon un panier et des niveaux de remboursement définis par l’Etat. Et l’assurance maladie complémentaire (AMC) complète ces remboursements en couvrant les restes à charge ainsi que certaines prestations non financées par l’AMO ».
Raisons financières
L’étude montre que les personnes sans complémentaire santé sont majoritairement les plus pauvres. « 7 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté ne sont pas couvertes en 2023 », contre seulement « 1 % des 20 % les plus aisés. Les chômeurs et les étrangers présentent des taux de non-couverture élevés, proches de 10 %. C’est aussi le cas, dans une moindre mesure, des ménages monoparentaux (5 %) ». La première raison reste financière : « Une personne non couverte sur trois déclare ainsi ne pas avoir les moyens de souscrire à une complémentaire santé. » D’autres évoquent également des démarches trop complexes ou un manque de temps : « 12 % (déclarent) être en cours d’adhésion, et 10 % ne pas penser ou avoir le temps de souscrire ». L’étude souligne ainsi l’existence de difficultés administratives persistantes et d’un manque d’information sur les dispositifs existants.
Non-recours
La Drees met particulièrement en avant le phénomène du non-recours à la complémentaire santé solidaire (C2S), destinée aux personnes aux revenus modestes. Ce non-recours s’explique notamment par « une méconnaissance du dispositif », mais aussi par « des critères d’éligibilité jugés complexes ». Ce constat fait écho à une autre étude publiée en mai 2026 par la Dress sur le revenu de solidarité active (RSA). Fin 2021, « plus d’un tiers des foyers éligibles » ne percevaient pas cette aide pourtant essentielle.
Réduire les inégalités sociales
Par ailleurs, les bénéficiaires de la C2S apparaissent satisfaits de leur couverture. « Huit sur dix se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leurs remboursements en prothèses dentaires », souligne l’étude, tandis que « neuf souscripteurs de la C2S sur dix sont satisfaits de leurs remboursements en dépassements d’honoraires de spécialistes ». Cette satisfaction « est généralement plus faible en Ile-de-France, vraisemblablement en lien avec des pratiques de dépassements plus fréquentes dans cette région ». Réduire encore le non-recours à la C2S reste un enjeu majeur pour réduire encore les inégalités sociales en santé.

























