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Cancer : les inégalités sociales pointées du doigt

Selon la dernière étude de la Drees parue le 6 juin, les personnes modestes développent plus souvent des formes graves de cancer, diagnostiquées plus tardivement. © 123RF

Toutes les catégories sociales peuvent être touchées par le cancer. Pourtant, des inégalités sont visibles selon le type d’organe concerné. Et le niveau de vie influe sur la gravité de la maladie. On fait le point à la lumière de la dernière étude de la Drees.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié début juin, une étude sur les liens entre le niveau de vie et le type de cancers. Il s’avère que les Français les plus modestes ont des risques supérieurs de développer des cancers avec de mauvais pronostics vitaux. Ils recourent plus tardivement au dépistage.

Les précaires, plus exposés au cancer du poumon

L’étude révèle que parmi les quatre types de cancers les plus fréquents en France : sein, prostate, poumon et colorectal, les personnes précaires sont plus atteintes par le cancer du poumon (et dans une moindre mesure colorectal). Les 10 % les plus modestes de la population ont 1,9 fois plus de risque de développer un cancer du poumon que les 10 % les plus aisés (les hommes des 10 % les plus modestes ayant 2,2 fois plus de risque et les femmes 1,7 plus de risque).
Le tabagisme serait la cause de cette surexposition des plus modestes au cancer du poumon, cancer plus agressif et de mauvais pronostic.

Et les plus aisés ?

Du côté des personnes plus aisées, l’étude rapporte que les 10 % des femmes ayant le niveau de vie le plus élevé ont 1,3 fois plus de risque de développer un cancer du sein par rapport aux 10 % les plus modestes.
Les grossesses tardives et la prise de contraception orale, facteurs de risque identifiés pour cette maladie, expliquent la prévalence parmi la tranche la plus aisée de la population.

Les 10 % des hommes ayant le niveau de vie le plus élevé ont 1,4 fois plus de risque de développer un cancer de la prostate. Par rapport aux 10 % des personnes modestes. Les hommes les plus aisés recourent plus fréquemment au dosage de l’antigène prostatique spécifique (PSA). Cela conduit à un diagnostic précoce au sein de la partie la plus aisée de la population.

Diagnostics tardifs, prévention à la traîne chez les plus modestes

L’étude met également en lumière un autre mécanisme d’inégalité : le recours au dépistage. Les personnes modestes participent moins souvent aux programmes de dépistage du cancer colorectal, du sein ou du col de l’utérus.

Conséquences ? Les cancers sont plus souvent détectés à un stade avancé chez les populations défavorisées, réduisant les chances de survie. D’autre part, elles développent certains cancers plus tôt dans leur vie. Pour le cancer du poumon, l’âge médian au diagnostic est de 61 ans chez les 10 % les plus modestes, soit six ans de moins que chez les plus aisés. Idem pour les cancers colorectaux.

Lutter contre le cancer c’est aussi réduire les inégalités

En conclusion, les chercheurs de la Drees plaident pour une réduction des inégalités sociales de santé si l’on veut lutter efficacement contre le cancer. « Les populations les plus défavorisées bénéficient moins des avancées en matière de prévention. Ce qui pourrait contribuer ainsi au maintien des inégalités sociales de santé ». Plus qu’une question médicale, le cancer apparaît comme un révélateur des inégalités socio-culturelles qui traversent la société française.