Accueil Santé Migraine : une maladie très handicapante au quotidien

Migraine : une maladie très handicapante au quotidien

Plus d’un répondant sur deux à l’enquête ne parvient pas à assurer certaines tâches ménagères essentielles, et 48 % des parents déclarent rencontrer des difficultés pour surveiller leurs enfants et être disponibles pour eux. © 123RF

A l’occasion de la Journée mondiale de la migraine, le 21 juin, l’association La voix des migraineux tire la sonnette d’alarme. Sa dernière enquête dévoile les répercussions souvent méconnues de cette maladie neurologique et génétique sur la vie sociale, professionnelle et familiale des personnes qui en souffrent.

La migraine n’est pas un simple mal de tête ! C’est une maladie très handicapante au quotidien. Pour 91 % des répondants à l’enquête, la migraine altère la qualité de leur vie et pèse sur leurs relations sociales.

Un quotidien compliqué

Fatigue intense, troubles cognitifs, nausées, hypersensibilité au bruit, à la lumière ou encore aux odeurs, la vie des malades est bousculée quand une crise de migraine se déclenche.

Plus d’un répondant sur deux à l’enquête ne parvient pas à assurer certaines tâches ménagères essentielles, et 48 % des parents déclarent rencontrer des difficultés pour surveiller leurs enfants et être disponibles pour eux.

« Parfois, les crises peuvent durer jusqu’à 8 jours voire plus. Entre les 48 heures de pré-symptômes, la crise elle-même et le rétablissement, c’est long et très invalidant », précise Sabine Debremaeker, présidente de l’association La voix des migraineux.

Une vie sociale empêchée

L’enquête révèle que les crises ont privé 72 % des répondants de sorties entre amis. En famille pour 53 %, au restaurant pour 46 % et au cinéma pour 37 %.

Et, 34 % déplorent ne pas pouvoir aller dans une salle de sport.

Pour beaucoup de migraineux, le lien social s’avère compliqué : 65 % déclarent avoir rencontré des difficultés pour interagir avec les autres au moins de temps en temps, et 53 % disent souffrir d’isolement.

Amplification des troubles cognitifs

L’enquête souligne le poids des troubles cognitifs dont souffrent les migraineux. Entre les crises, 54 % des répondants disent souffrir très souvent ou tout le temps de troubles de l’attention, 48 % de problèmes de mémoire, 34 % de difficultés d’organisation et 29 % de difficultés d’interaction. Parfois, la douleur peut engendrer un mal-être, voire de la dépression.

Des traitements encore non remboursés

C’est le médecin qui doit poser le diagnostic, surtout pour les migraines avec aura. « Car cela répond à des critères très précis. Des patients souffrant de plus de 8 jours de migraine par mois, en échec d’au moins deux traitements de fond et ne présentant pas d’antécédents cardio-vasculaires », explique Sabine Debremaeker. Heureusement, il existe des traitements. 

Les grands classiques sont :

  • les beta-bloquants, anti-dépresseurs, anti-épileptiques, pour les traitements de fond.
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les triptans, pour les traitements de crises. Ils sont tous remboursés.

« Mais les nouveaux médicaments, les anti-CGRP apparus il y a environ sept ans, ne le sont toujours pas », proteste Sabine Debremaeker. Nous nous battons pour que les malades qui sont éligibles à ces traitements puissent le prendre et être remboursés. Car ils coûtent cher ! »

Les chiffres de la migraine

  • La migraine est une maladie neurologique fréquente et invalidante qui touche environ 12 % de la population.
  • 1 personne sur 6 souffre de migraine
  • C’est la seconde maladie neurologique invalidante après l’AVC (OMS)
  • 1 enfant sur 10. Il y a autant de garçons que de filles migraineuses. C’est à la puberté que l’écart se creuse. Les statistiques sont de trois femmes migraineuses pour un homme.