Accueil Santé Bayrou recule sur le passage en force du doublement des franchises médicales

Bayrou recule sur le passage en force du doublement des franchises médicales

Ce vendredi 5 septembre, François Bayrou renonce à faire passer par décret le doublement des franchises médicales et des participations forfaitaires. © 123RF

Sous la pression des acteurs de la santé et du mouvement social, François Bayrou renonce à faire passer par décret l’augmentation des franchises médicales. Trois jours avant le vote de confiance des députés.

Depuis la présentation, en plein cœur de l’été, d’un plan de 5,5 milliards d’euros d’économies sur la santé, François Bayrou est confronté à une contestation inédite. Syndicats, associations, mutualistes s’insurgent contre un projet d’austérité. Dans leur viseur, l’une des mesures phares portant sur le doublement des franchises médicales et des participations forfaitaires. A savoir les sommes prélevées automatiquement sur les remboursements de santé. Celles-ci concernent tous les usagers, y compris ceux en affection de longue durée (ALD). Boîte de médicaments, consultations médicales, au total les assurés auraient pu être prélevés jusqu’à 200 euros par an, contre 100 euros actuellement.

« Politique délétère »

Pour la Fédération nationale de la Mutualité Française, il s’agit de « mesures néfastes pour la santé de chacune et chacun. Néfastes pour la santé publique, néfastes pour les comptes de la Sécurité sociale à long terme, (qui) participent d’une politique délétère et décousue, qui fissure encore un peu plus notre modèle social ». L’association de représentation des patients, France Asso Santé, dénonce la volonté du gouvernement de « faire peser les efforts sur les personnes fragilisées par la maladie. Avec un risque majeur d’aggraver le renoncement aux soins ».

Par décret

Le 25 août dernier, le Premier ministre a annoncé qu’il soumettrait son budget à un vote de confiance des députés. Alors que l’issue de ce scrutin est de plus en plus incertaine pour François Bayrou, faute de majorité, le gouvernement a tenté de faire passer en urgence cette mesure d’augmentation des franchises en la faisant passer par décret. C’est-à-dire sans vote du Parlement.

Tollé

Cette décision a rencontré un véritable tollé. « France Assos Santé dénonce la démarche sur le fond et la méthode choisie. Au regard de l’impact majeur sur les restes à charge et l’accès aux soins des usagers. Et particulièrement des personnes atteintes de maladies chroniques qui seront les premières concernées. » La Mutualité Française a également fustigé ce projet de décret. « Le gouvernement persiste donc à poursuivre son action visant à “responsabiliser les assurés sociaux”. C’est-à-dire concrètement à vouloir faire des économies immédiates et injustes au détriment des personnes malades et des plus fragiles. »

Recul

Vendredi 5 septembre au matin, à trois jours du vote de confiance, François Bayrou a décidé de s’incliner. Au micro de RTL, il a annoncé qu’il refusait tout « passage en force ». Et qu’aucun décret ne serait signé avant lundi. Marquant ainsi un recul face à la contestation sociale.