
Sur les réseaux sociaux, les vidéos vantant les mérites de l’Ozempic pour maigrir ne se comptent plus. L’usage détourné de cet antidiabétique, qui a explosé notamment aux Etats-Unis, peut avoir de graves conséquences sur la santé.
Commercialisé en 2017 aux Etats-Unis par le laboratoire Novo Nordisk, l’Ozempic y est indiqué en cas d’obésité et de diabète de type 2. En France, il n’est prescrit que pour cette seconde affection. Ce petit stylo injectable régule la glycémie grâce à sa substance active, le sémaglutide.
Une perte de poids jusqu’à 15 %
En parallèle, il ralentit la vidange de l’estomac, diminuant la faim et l’appétence pour les aliments gras. Sous Ozempic, la perte de poids peut atteindre 15 %. Cela n’a pas échappé à certaines célébrités, comme Elon Musk, qui en ont fait la promotion sur leurs réseaux.
Résultat : cet antidiabétique est maintenant utilisé à mauvais escient, surtout aux Etats-Unis, pour maigrir rapidement ou parfaire sa silhouette avant l’été.
Effets secondaires alarmants
Mais, hors parcours de soins, l’emploi d’un tel médicament peut s’avérer dangereux. A l’automne 2023, des chercheurs de l’université de Colombie-Britannique (Canada) ont montré les liens qui existaient entre les produits amaigrissants comme l’Ozempic et certaines affections gastro-intestinales sévères.
S’en injecter sans contrôle et sans nécessité médicale expose ainsi à des obstructions intestinales, des pancréatites aiguës, des pathologies biliaires… En revanche, d’un point de vue thérapeutique, l’Ozempic a fait ses preuves notamment auprès des personnes souffrant de diabète de type 2. Davantage prescrit et plébiscité, le médicament a vu ses ventes décoller.
Difficultés d’approvisionnement
Le fabricant américain a eu du mal à suivre la cadence, ce qui a entraîné des tensions d’approvisionnement et des pénuries à travers le monde. Un phénomène accentué par la pratique du mésusage. En France, la distribution d’Ozempic 0,25 mg a été suspendue en décembre 2023.
La mise en conditionnement du traitement, qui se présente sous forme de stylos injectables, est particulièrement complexe. Pour faire face à la demande, l’entreprise pharmaceutique a dû augmenter ses chaînes de production. « Elle devrait pouvoir à nouveau fournir le médicament au troisième ou au quatrième trimestre », estime Jean-François Thébaut, le vice-président de la Fédération française des diabétiques (FFD).
Bientot deux nouvelles molecules
Le Wegowy et le Mounjaro, deux médicaments similaires à l’Ozempic, s’apprêtent à arriver en France. L’heure est à la vigilance. « Il faudra lutter pour que le mésusage reste minime », martèle Jean-François Thébaut, vice-président de la Fédération française des diabétiques (FFD). Ceux qui veulent juste maigrir avec l’Ozempic peuvent l’arrêter du jour au lendemain, mais pas les patients qui en ont vraiment besoin. « Parce que le diabète, on n’en guérit pas », rappelle le vice-président.


























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