Le dernier rapport du Fonds des Nations unies pour la population fait état de chiffres effarants, sur les violences subies par les femmes dans le monde et des nombreuses privations de leurs droits fondamentaux.

Le rapport du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), intitulé « Mon corps est le mien », détaille les atteintes aux droits des femmes dans le monde : viol, stérilisation forcée, imposition de tests de virginité, mutilations génitales… mais aussi impossible accès à la contraception ou à la santé.

« Mon corps est le mien » ?

Le rapport s’intitule « Mon corps est le mien » mais les auteurs remarquent que malheureusement, dans 57 pays encore, les femmes sont dépossédées de leurs droits à disposer de leur propre corps. Ils se penchent non seulement sur les nombreuses violences qu’elles subissent mais relèvent aussi l’interdiction qui leur ai faite de décider pour elles-mêmes, leur intégrité et leur santé.

« Que près de la moitié des femmes ne puissent toujours pas prendre leurs propres décisions quant à l’opportunité d’avoir des relations sexuelles, d’utiliser la contraception ou de se faire soigner devrait tous nous scandaliser, relate la directrice du Fnuap, Dre. Natalia Kanem, dans le rapport.

Soumission oblige

Au Mali, au Niger et au Sénégal, la situation est jugée « alarmante » par les auteurs. Dans ces trois pays, moins de 10 % des femmes prennent des décisions de façon autonome. La situation est plus nuancée en Ethiopie : 94 % des sondées disent avoir recours à la contraception, mais elles ne sont que 53 % à pouvoir opposer un refus à leur partenaire. Au Bénin, le pourcentage de celles qui décident elles-mêmes de contrôler le nombre de leurs enfants progresse ; par contre, la part des femmes qui peuvent dire « non » a tendance à diminuer depuis dix ans. Une soumission grandissante aux demandes des conjoints qui s’observe aussi au Ghana, au Mali et au Sénégal.

Viol : la double peine

Le rapport recense vingt pays ou territoires ayant établi des lois permettant à un violeur de se marier avec sa victime afin d’échapper à des poursuites judiciaires et quarante-trois Etats n’ayant pas de législation sur les viols entre conjoints. Plus de trente pays imposent des restrictions aux mouvements des femmes hors de leur domicile, note aussi le rapport.

Femmes libres, monde plus juste pour tous

Pourtant, comme le précise la Dre. Natalia Kanem : « quand les femmes et les filles sont libres de faire les choix les plus fondamentaux concernant leur corps, elles gagnent non seulement en autonomie, mais bénéficient aussi de meilleures conditions en matière de santé et d’éducation, de revenus et de sécurité. Il en résulte un monde plus juste et plus propice au bien‑être humain, ce qui profite à chacune et chacun d’entre nous ».

Et de conclure : « A ce titre, les hommes doivent se poser en alliés. Ils doivent être bien plus nombreux à se détacher des schémas favorisant les privilèges et la domination qui nuisent gravement à l’autonomie corporelle, et s’orienter vers des modes de vie plus justes et plus harmonieux qui seront bénéfiques à toutes et tous ».