640 décès ont été recensés en 2018 par le Collectif les morts de la rue (Cmdr), parmi eux, 569 personnes étaient sans domicile fixe (Sdf) et 71 personnes « anciennement Sdf ». Une augmentation d’environ 10% par rapport aux années précédentes.

Le Collectif les morts de la rue (Cmdr) publie son état des lieux, comme chaque année. Plus de six cents personnes vivant dans la rue sont décédées en 2018. C’est plus que les années précédentes. L’âge moyen est de 48,7 ans. Celui des personnes hébergées en centre est de 51,5 ans. Les Sdf décédés sont majoritairement des hommes jeunes qui ont vécu de longues années à la rue, et qui ont souffert de maladies, d’addictions et de troubles psychiatriques.

Les chiffres macabres de la rue

41% des personnes décédées en 2018 sont de nationalité Française, 14% sont d’une nationalité d’un pays de l’Union européenne (UE), 19% sont d’une nationalité d’un pays hors de l’UE. Le lieu du décès est la voie publique pour plus de la moitié des personnes ou dans un abri de fortune. Les causes du décès sont la maladie, les accidents, les agressions, les suicides, selon le rapport du collectif.

Environ 28% des Sdf souffraient d’au moins une addiction. L’addiction à l’alcool est la plus fréquente suivie par celle aux substances illicites puis aux médicaments. Au moins 12% des personnes souffraient d’un trouble mental.

Et les femmes ?

Elles sont plus invisibles que les hommes pourtant, elles existent. La moitié d’entre elles sont décédées entre 40 et 64 ans (dans la population générale les femmes décèdent en moyenne à 84,5 ans), le plus souvent d’une maladie.

Comme les hommes, elles souffrent pour la plupart d’addiction à l’alcool, suivie de celle aux substances illicites et enfin aux médicaments.

Au moins un quart des femmes Sdf souffraient d’un trouble mental quel que soit leur lieu de vie avant le décès. Elles sont presque 30% à avoir eu des enfants et à avoir vécu une rupture familiale.